Hulk, de petit pois à brocolis

Hulk. 

Quand j’étais môme, j’adorais cette série. À l’époque, on se contentait d’un mec bodybuildé pour faire illusion. On le peignait en vert et le tour était joué. Hulk était mieux loti que Superman, avec son slip moule-bite qui fait plus de dégâts que la kryptonite si vous voulez mon avis. Si la seconde menace de le tuer, le premier ruine son charisme.

On n’avait pas le choix, faute d’effets spéciaux numériques, on faisait avec les moyens du bord. On avait toujours droit à la même séquence avant la transformation : une fois mis en colère, le Dr David Banner, taillé dans du bois d’allumette, voyait ses yeux changer de couleur sur fond d’une musique qui annonçait la venue du monstre. Ses muscles grossissaient à vue d’œil, au grand dam des couturiers, pour lesquels ces séances de déchirure vestimentaire étaient insupportables. Hulk est sans aucun doute le super-héros (ça se discute) qui compte le plus cher en vêtements. C’était aussi une véritable terreur pour les gens faisant sécher leur linge dehors, le Dr Banner ayant pris la fâcheuse habitude de profiter de ces aubaines une fois redevenu normal. Quand la métamorphose était terminée, on faisait connaissance avec Hulk, et même l’incroyable Hulk, puisque ce géant vert doté d’une force herculéenne était capable de prouesses surhumaines, réduisant par exemple les murs à des cloisons de polystyrène ou du carton bon marché. De toute façon, quoi qu’il arrive, il fallait qu’il détruise quelque chose. Ce travers était imbriqué dans le scénario. 

Ledit scénario était quand même bien pensé puisqu’ils ont fait appel à un acteur malentendant pour incarner ce brocolis colérique, un certain Lou Ferrigno, qui fut en son temps le grand rival d’Arnold Schwartzenegger dans le monde sacrément gonflé du culturisme. Il pouvait donc hurler comme bon lui semblait sans risquer de devenir sourd. Hulk était aussi affublé d’épais sourcils, et d’une perruque qui aurait filé des complexes aux hominidés de la Préhistoire.

On en oubliait presque que cet homme dopé aux épinards était le faux jumeau du Dr Banner (alias Bill Bixby), tête à claques insipide dans ses pantalons en tergal. Lui, c’était le roi de l’auto-stop et un fugueur-né. À la fin de chaque épisode, conscient d’avoir foutu un beau bordel, il quittait la ville en levant le pouce, toujours habillé comme un plouc et flanqué d’un petit sac (sa coquille d’escargot) qu’il laissait généralement tomber sur son épaule. Il partait comme un voleur, un voleur vert à l’intérieur.

À bien y penser, nous sommes tous des Hulk en puissance, volcans dormants dans un monde usant pour les nerfs. Par chance, Hulk est un personnage fictif. Imaginez si on devenait des êtres herculéens à la moindre contrariété ?

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