Et tombe la pluie…

La pluie en décembre devrait être interdite. On devrait la refouler sur nos paillassons et ne laisser entrer que les flocons. Montréal sous la pluie, c’est triste et démoralisant, comme partout ailleurs sur la planète quand les nuages ont des soucis plein la tête. Ces derniers temps, la métropole est d’humeur chagrine, elle tousse, ce qui ne lui était pas arrivé souvent ces derniers mois.

Ici, tout le monde espère l’arrivée du froid, généralement synonyme de grand ciel bleu. Entre les températures franchement négatives et la flotte à tous les étages du corps, la luminosité glacée et la grisaille tiède, on choisit vite son camp. L’immigrant qui arrive dans un décor aussi emballant doit penser qu’on s’est foutu de sa gueule, brandissant les préjugés et les on-dit pour quémander un peu de cette neige abondante qu’il a parcouru d’un regard glissant dans les magazines. Mais de la neige, il n’y en a point.

Le Québec qui colle aux vêtements, ce n’est pas très agréable. Ça rappelle la touffeur estivale, avec son facteur humidex tannant pour les pores. Sauf qu’en automne, la transpiration vient de l’extérieur. Une goutte, puis deux, puis le moral dans les chaussettes. Une ville où les parapluies font l’amour, y a rien de bandant. Mêmes les basses montagnes situées à une heure du tumulte citadin restent désespérément ternes. Ça ne saurait tarder, mais des pistes de ski sans skieurs ni boules de neige, brumeuses à défaut d’être poudreuses, ça refoule bien des idées vertes.

J’ai de la peine pour mes gros manteaux cloîtrés dans mon armoire. J’ai pensé aller leur dégourdir les manches, au risque de ne plus supporter leur présence dans un métro trop chaud. Pareil pour mes chaussures d’hiver, contraintes à lézarder à quelques centimètres de ma porte d’entrée. Paraît que la météo sera en dents de scie cette année dans la Belle Province. Si les experts disent vrai, il va falloir se coltiner des séquences humides, et toutes ces mites de l’automne qui vont creuser des trous dans notre grand manteau blanc. On reparlera alors sûrement de réchauffement climatique, et de cette province moins intimidante que ses glorieuses aînées.

N’en déplaise à ceux et celles qui débarquent chez les cousins avec de la neige plein les oreilles, images d’Épinal dans le creux de leur imagination. Au Québec, ça peut descendre jusqu’à moins quarante, qu’on leur a dit. Je ne suis jamais descendu aussi bas depuis mes premiers pas d’étranger en 2007. C’est un fait : aujourd’hui, dans le frigo trois fois plus grand que son homologue français, il y a des pannes qui ramollissent les glaçons.

Si ça continue, l’hiver québécois finira par devenir une légende urbaine…

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