Mon péché américain

La viande est sous les frites !

Pour un expatrié qui retrouve son pays le temps de quelques vacances, le réflexe est toujours le même…

Outre les retrouvailles avec ses proches, il y a un autre parfum qu’il a envie de humer : ces fragrances de bouffe typique qui font le charme de sa terre natale. Les petits plats de maman, et toutes ces saveurs et cochonneries que les commerces du cru exaltent !

En arrivant en France pour Noël, je m’étais mis en tête d’engloutir un américain. Mes amis et  lecteurs québécois vont sans doute ouvrir de grands yeux et appeler la police pour me dénoncer en lisant cette phrase. Quoi, Olivier serait cannibale ? Sauf qu’en regardant bien, vous constaterez le A minuscule du mot. Donc, je ne mange pas de gens natifs des Amériques. Mais en Moselle, et à Metz en particulier, on consomme en grande quantité un sandwich hypercalorique et qu’on apprête à sa sauce : le fameux américain. Chez nous, c’est un must, un incontournable, la tête d’affiche des noctambules qui veulent combler un petit creux après avoir trop fêté. Sa composition varie d’une région à l’autre, mais en Moselle, c’est deux steaks hâchés recouverts de frites. Oui, on mélange pain et  frites ! Et puis il y a les agréments. Moi, je rajoute du ketchup, du gruyère et des oignons. J’ai jamais eu envie d’un dessert après ça. Je zappe aussi la collation de 16 heures.

Chez nous, les américains sont un peu la spécialité d’une entreprise familiale qui a essaimé pas mal de baraques à frites dans le département. Ces sandwicheries ont un nom qui sonne bien lorrain, voire même lorrain assimilé teuton : Steinhoff. Il ne m’a fallu que quatre jours pour retomber dans mes travers de Mosellan de base, et retrouver le chemin d’une de ces enseignes sentant bon le graillon.  J’ai harponné les frites avec ma minuscule fourchette en plastique, avant d’achever le ventre grassouillet de mon casse-croûte persona non grata chez les nutritionnistes.

Il n’existe pas d’américain bourratif à Montréal. J’aurais beau retourner la ville dans les deux sens, rien n’y fera. J’avoue qu’il m’arrive parfois d’être nostalique de sa saveur et de ses vertus réconfortantes au cœur de l’hiver. L’américain, c’est la poutine des Mosellans. Une composition à ne pas mettre dans toutes les panses, mais un lambeau d’identité mosellane que personne ne peut ignorer.

Inutile de préciser qu’avant mon retour au Québec, je planterai encore une fois mes incisives dans ce sandwich dégoulinant de volupté.

Un américain s’il vous plaît.

– Vous voulez quoi dans votre sandwich ?

–  Ketchup, gruyère, oignons…

Gustativement, un de mes plus beaux refrains. Et un sempiternel péché.

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