Quoi mon nom ?

J’aurais pu chanter, un peu à la manière de Johnny Halliday, « Quoi mon nom, qu’est-ce qu’il a mon nom ? » Ben mon nom, il rime avec tétons. Ça commence bien comme chronique. J’appartiens à la catégorie des personnes qui endurent un patronyme ridicule, qui le prononcent super vite ou mezza voce. Moi, mon truc, c’est de donner aussi mon prénom, même si on me le demande pas. Je ne sais pas si ça marche, mais moi, ça me rassure !

Bon, venons en aux faits, à ce handicap qui a tant fait sourire mais jamais n’a fait envie. Bonnichon, on n’a pas idée. Pour beaucoup, cela a toujours été Pierson. Le journalisme m’a rendu un fier service. En choisissant ce pseudonyme, je me suis construit une autre identité, un autre moi, et encore aujourd’hui, ce nom est devenu la règle. Dommage que certaines situations exigent mon déterminant officiel. Pour relativiser, je pense à ma mère et à ma soeur, étant entendu qu’il est plus difficile pour une femme de porter ce fardeau, en particulier dans un pays comme la France, où la délicatesse masculine n’est pas la première qualité (se référer aux commentaires de mauvais goût qui ont accompagné l’affaire DSK). Ceci dit, ma mère a eu la bonne idée de divorcer (oui, je me fous éperdument de ce lâche dont je porte la verrue), tandis que ma soeur adorée, en se faisant passer la bague au doigt, en a été quitte pour les blagues de bas étage.

Mais moi, je fais quoi ? Même si je me marie au Québec, société maritale, je serai toujours affublé du même boulet. Bon, j’avoue que si ma future femme (allez, on y croit !) s’appelle Bite ou un truc dans ce style, je réviserai ma position. Je crois que la période la plus dure aura été l’enfance, car les enfants sont parfois méchants entre eux, et l’adolescence, car les ados sont souvent très cons entre eux. Le problème, c’est que dans le monde des adultes, la frontière avec la puberté est parfois ténue, manière de dire qu’il y a aussi pas mal d’abrutis dans cette catégorie-là, qui pouffent dans leur coin et ouvrent de grands yeux. Par chance, je suis assez tranquille au Québec, où on évite en général de se moquer des gens en public. Mais il y a des exceptions, comme partout. Les connards, c’est comme la mauvaise herbe…

Ma mère nous a appris un jour, peut-être pour nous rassurer, que notre nom avait des racines italiennes, voire siciliennes. Paraît qu’on disait Bonnichoni avant. Euh, il est où ce « I » qui aurait changé ma vie ? Et si d’aventure cette information est fausse, qu’on m’amène la personne qui pond des patronymes pareils, que je l’assomme avec mes deux gros nibards, enfin façon de parler.

J’ai bien tenté de me tourner vers la justice, laquelle, magnanime, n’a pas jugé bon de trouver une autre solution. Pourtant, j’avais tous les critères, ce que m’avait assuré l’amie avocate chargée du dossier, laquelle fut tout aussi désarçonnée que moi par la décision du Garde des Sceaux. Bref.

J’ai aussi appris à prononcer mon nom en anglais, ce qui donne : beautiful tits. Olivier beautiful tits, ça sonne pas mal, surtout si je souhaite me reconvertir dans l’industrie du X. Et dire qu’en modifiant une seule lettre, on change complètement la donne. Bonnicho, Bonnifon, Fonnichon (ah non, pas celle-là), etc.

À la limite, j’aurais préféré Bocul, un bien meilleur produit d’appel pour le sexe opposé, çar on peut toujours être tenté de vérifier. Alors que de beaux nichons…

Je sais que beaucoup de lecteurs vont en apprendre une bien bonne en parcourant ce texte. Mais je continuerai à être Olivier Pierson (prononcé systématiquement Pirsonne au Québec), comme je reste Pinto, aux yeux d’une poignée de vieux amis, mais aussi à Lourdes, où je fus brancardier durant de nombreuses années… Un surnom qui a aussi sa petite origine. Mais celle-là, je la garde !

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Catégories :Made in France

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4 replies »

  1. J’ai bien ri aussi. Titre bien choisi et bon rythme.
    On ne choisit pas son nom mais on choisit sa vie.
    L’habit ne fait pas le moine.
    Mais cette bataille du nom, ta bataille du sang et celle du coeur font ce que tu es, notre ami unique et précieux.
    Ne salis pas inutilement, utilise ton énergie à devenir, Pierson, Bonnichon, qu’importe : SOIS TOI !

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  2. Le texte?…ma foi.C’est son métier…Dommage qu’il ne perce pas plus dans la profession,mais bon…Il préfère déblitérer sur son patronyme et faire de la prose de bas étage…
    Moi,je n’ai jamais eu honte de mon nom.Je le porte la tête haute,sans lâcheté aucune….
    Je lui souhaite une bonne et belle vie au Québec…et qu’il sorte un peu de sa petite ordinaire quotidienne…

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  3. Bravo, quel texte magnifique !!!
    j’ai bien ri
    Je connais parfaitement ce problème car j’étais à l’école avec Virginie et je peux te dire qu’elle n’a jamais eu honte de son nom de famille, bien au contraire.
    Encore bravo
    Linda

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    • Oui magnifique !!! c’est le mot !!
      J’ai beaucoup ri également, mais j’en ai souffert aussi
      mais avec ma grande gueule j’y suis arrivée !!

      Me souviens, le pire c’était en perm au collège, je connaissais l’odre par coeur du cahier d’appel, et avant même que le pion ne puisse sortir un son…. je levais le bras en disant « présente » ça marchait à tous les coups et j’évitais les moqueries de ces mes camarades !!!

      Bisous

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