J’habite une ville « hip »

Devinez quoi ? J’habite dans une ville « hip »… hip hip hourra (désolé, c’était tentant !)

Ce n’est pas moi qui le dis, mais le New York Times. Selon l’illustre journal, Montréal serait une des 10 villes les plus branchées de la planète, au même titre que Barcelone ou Berlin.  Ce serait même la seule « hip city » en Amérique du Nord. La classe ! Je crois que je vais pleurer…

Mais c’est quoi une ville «hip », madame la marquise ? Une ville « hip », monsieur le Roi Soleil (j’écris ce que je veux, c’est mon blog), c’est une ville qui peut se targuer d’avoir une personnalité originale, ce qui ne fait pas un pli concernant la métropole québécoise. Les New-Yorkais ont visiblement été séduits par son < mélange jovial de France et d’Amérique du Nord >.  Egalement dans la balance : son coût de la vie raisonnable (à l’opposé de la très dispendieuse Vancouver), et ses longues soirées d’hiver. Encore une fois, je confirme, surtout pour l’hiver alangui sur le moral monotone.

Mais encore ? Quatre universités majeures – dont Mac Gill, en bonne place dans les palmarès mondiaux – une belle réputation nocturne, un vaste réseau souterrain (le plus important au monde, avec 6 km de galeries), des festivals en pagaille, une compétition de Formule 1, des parcs, etc.

Bon, on n’ira pas jusqu’à dire que c’est le paradis, mais j’avoue qu’il fait bon vivre dans cette ville cosmopolite et bilingue dominée par le Mont Royal. Le Lonely Planet lui a même décerné le 3e rang mondial des villes d’été. Avouons tout de même qu’au Canada, les villes de Vancouver, Ottawa et Toronto devancent Montréal pour la qualité de vie, laquelle se consolera bien vite en brandissant son classement parmi les 20 villes de référence dans ce registre depuis plus d’une décennie.

Voilà pourquoi, entre autres, tant de maudits Français (racisme franco-français de bon ton au Québec) décident d’y poser leurs valises. Nous sommes plus de 100 000 Gaulois à vivre dans cette ville « hip ». Si le caractère des immigrants français avaient été pris en compte, nul doute que Montréal y aurait peut-être laissée des plumes ! 🙂

Finalement, j’ai bien fait de quitter Metz. J’invite le New York Times à venir s’y promener pour dresser un tableau objectif de ses défauts et atouts. Pour les défauts, je propose (qui aime bien châtie bien) :

– C’est une ville en France où il y a beaucoup d’eau. On a peut-être pas la mer, mais vous pourrez patauger dans nos flaques de pluie… On peut d’ailleurs y devenir un nabab en vendant des parapluies.

– La culture y est unidimentionnelle. On ne jure que par le contemporain. Notre beau Centre Pompidou – on verra dans 10 ans s’il est toujours aussi clinquant – n’a pas arrangé les choses. Grâce à lui, des tas d’étrangers visitent notre ville… après avoir acheté des parapluies. Pour les amateurs de culture au sens large, prendre l’autoroute A31, direction Nancy…

– Metz est une ville tranquille. Nous informons les touristes étrangers qu’il est inutile d’appeler les pompiers après 22 heures. S’il n’y a personne dans les rues, ce n’est pas en raison d’un virus mortel ou d’une attaque nucléaire. C’est juste normal…

– Nous invitons aussi nos sympathiques visiteurs à inclure les frais de stationnement dans leur budget vacances, quitte à faire une croix sur certaines sorties. Oui, à Metz, le stationnement est une poule aux oeufs d’or. Bouffer ou garer sa voiture, il faudra peut-être choisir.

– Pour la bouffe, notre sandwich américain (frites, steak , pain et sauce) comblera les plus pressés d’entre vous. Pour une modique somme, vous serez requinqués pour la journée. Prévoir de l’eau pour éviter les décès par étouffement.

– Les amateurs d’espaces verts ne seront pas en reste. Nous leur conseillons notamment une halte au plan d’eau, petit poumon vert de la ville jardin. Pour les amateurs de sieste et les flâneurs au long cours, prévoir des boules quiès ou un casque anti-bruit, en raison de la proximité de l’autoroute A31.

– Les amateurs de sport apprécieront de leur côté les exploits des handballeuses de Handball Metz. Référence dans l’Hexagone, ces filles de l’élite ont presque  fait oublier le FC Metz et son glorieux passé. Pour les petits budgets, le club à la croix de Lorraine fera l’affaire (les places ne se négocient pas au marché noir, on vous les donne !). Les cardiaques peuvent sans hésiter assister aux matchs de l’équipe, le niveau des rencontres étant plutôt relaxant. Quelques comprimés de vitamine C peuvent toutefois être utiles en cas d’ennui prolongé.

Mea culpa : le New York Times a attribué à Metz la 39e place des destinations mondiales en 2009, ce qui est plutôt pas mal ! Mais je persiste et signe dans mes tacles gentillets. Je préfère l’humour affectueux aux éloges pompeux, qui, il faut bien l’avouer, sont d’un ennui profond ! 🙂

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