Je crie donc j’existe

Lundi 16 janvier. Pétage de plomb dans le métro de Montréal. Je divague dans un bouquin qui a pour décor la gare du Nord à Paris. Soudain, j’entends une porte claquer. Problème : la rame est en marche. Mon imagination m’a-t-elle joué un tour ? Une silhouette féminine me passe brusquement devant le nez, puis une seconde. Une dame noire, une dame blanche (rien à avoir avec le dessert glacé ou cette cette auto-stoppeuse pas drôle qui effraie les automobilistes). Faites vos jeux. Visiblement, elle ont un compte à régler.

Elles hurlent en anglais, surtout la première, alors que l’autre tente de la raisonner. Le degré de décibels plombe l’ambiance parmi les usagers, laquelle n’atteignait déjà pas des sommets. « Go away ! » « Leave me alone ! » Sur le coup, ça me rappelle une chanson de Michael Jackson. La fille en colère n’arrête pas de vociférer. On ne connaît pas le fin mot de l’histoire, et c’est bien dommage. Dispute de lesbiennes ? Prétendantes revendiquant les mêmes genoux (et le reste) d’un mâle en rut ? Aucun pugilat pourtant à l’horizon, ni de bruit de tronçonneuse.

Autour de moi, les usagers sont silencieux, ignorent les gestes théâtraux des protagonistes ou font mine d’être absorbés dans un ailleurs qui leur rend bien service. D’autres roulent des yeux qui ont peur. Sans doute des Québécois pur laine qui ont horreur des conflits essorés en public. Choqués – un mot très répandu ici -, sans doute. Ma voisine d’en face doit être à deux doigts de la crise cardiaque. Si elle tombe, étant donné sa silhouette avantageuse, je me propose illico pour le bouche-à-bouche (je possède un diplôme de secouriste pour lèvres inanimées).

L’autre furie repasse devant moi… puis disparaît dans un autre wagon. Une nouvelle porte claque. Cette fois, j’ai le temps de mettre une explication sur ce bruit incongru dans un métro qui file à vive allure. La demoiselle a tout simplement enjambé l’espace qui sépare les deux voitures de métro, avec les risques que l’on sait…

Elle, par contre, si elle était tombée, j’aurais exclu le bouche-à-bouche. Mon altruisme est doté d’un courage limité. 🙂

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Catégories :Mon métro

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