À glissade forcée

J’aime pas la pluie verglaçante. Je la déteste, je la conchie, je lui crache à la gueule. Bref, on n’est pas copains… 🙂 Même au Québec, c’est une plaie. Même au Québec, pourtant si habitué aux conditions extrêmes, on ne peut rien contre elle. Quand elle lustre le bitume, c’est une horreur. Elle cire nos pompes, mais pas pour les faire reluire. Elle, c’est l’empêcheuse de marcher comme des hommes. On avance à la vitesse d’un déambulateur, on redevient des nouveaux-nés en quête d’une assurance d’adultes, on peste contre ses portions pavées qui accentue la glissade…

Ce lundi, je suis allé me promener dans le vieux port de Montréal (oralement, on pourrait croire que je suis allé rendre visite à un vieux cochon). J’ai dégainé mon appareil photo pour immortaliser quelques gros rafiots pris dans la glace, pour figer la torpeur de ce site habituellement très fréquenté en été, alors que la météo flanchait vers un radoucissement. Au début, pourtant, il faisait froid, et je dirai même que ça sentait le glaçon. Contraint de quitter mes moufles pour réaliser des photos acceptables, je dois avouer que j’ai un peu souffert. 

Et puis la température s’est mise soudainement à remonter. C’est en tout cas ce que laissaient entendre ces quelques gouttes qui n’allaient plus quitter la ville. Une pluie battante et régulière, incongrue dans un paysage hivernal. C’est à ce moment, en montant une côte avec des rotules de trentenaire bien mûr, que j’ai senti comme du savon sous mes semelles. Le Vieux Montréal étant recouvert par endroits de pittoresques pavés – les mêmes que la place d’Armes à Metz, pour ceux qui connaissent -, ma progression est devenue hasardeuse, repoussant à plusieurs reprises cette chute qui me pendait aux souliers.Une chute qui n’est heureusement jamais venue.

Montréal sous la pluie quand la neige a fait son lit, ce n’est pas beau du tout. C’est spongieux et dégoulinant, ça fait splash sous la godasse. Ça m’a rappelé soudainement ma Lorraine humide à l’extérieure, mais si chaleureuse à l’intérieur. Sauf que dans ma région natale, on peut marcher sur les trottoirs sans craindre le coup de Jarnac. Un trottoir est un trottoir, pas une patinoire.

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