Les Canadiens de mon moral

Le gardien Carey Price, une des rares satisfactions cette saison.

Ça faisait longtemps. Ça faisait longtemps que je n’avais pas parlé de hockey et du Canadien de Montréal. Faut dire que cette année, l’équipe québécoise est peu inspirée sur la glace et trop irrégulière pour prétendre viser les sommets. Disons-le tout de suite : cette saison est à l’image de l’hiver québécois : elle alterne le chaud et le froid. Et pourtant, je l’aime cette équipe, je la kiffe, comme on dirait dans nos ghettos français. Je l’aime tellement que j’ai osé un pari fou. Le jour où cette formation mythique remportera une 25e coupe Stanley, si Montréal est encore debout à ce moment où la folie fera trembler les murs de la ville, je cours nu dans ma tenue d’Adam sur la rue Sainte-Catherine. Pour les Français : ni plus ni moins que la plus grande artère commerciale de la ville…

Seulement voilà, ce ne sera pas pour cette année, au grand dam de quelques amies qui bichonnent leur appareil photo et leurs jumelles pour le jour J (elles se reconnaîtront). Non, cette année, c’est triste. L’équipe offre un jeu erratique, et bien trop pâle pour faire rougir les joues de ses partisans. Du coup, comme je ne suis pas un supporteur haut de gamme, je zappe les matches du CH, ou je ne les regarde tout simplement pas. Je suis peut-être Français, je suis peut-être natif d’un pays où le hockey sur glace tient du commérage, je proteste à ma façon contre cette organisation qui part à vau-l’eau. Le remplacement de l’entraîneur expérimenté et francophone, Jacques Martin, par un coach anglophone et flanqué d’une grosse étiquette de débutant, appartient à ces gros points d’interrogation qui couvrent le Centre Bell. Randy Cunneyworth a une bonne tête d’intérimaire. Il y a aussi les échanges de joueurs qui colmatent des brèches sans empêcher la plaie de saigner, sans oublier ces vedettes achetées au prix fort et qui ont du mal à justifier leur juteux salaire. Le mal est profond, jusqu’à la direction générale qui donne des signes inquiétants de panique. Dans l’avion du Canadien de Montréal, le pilote automatique a déjà été enclenché, et les gilets de sauvetage paraissent désuets dans cette carlingue cabossée de partout.

Quasiment éliminé de la grande valse des séries éliminatoires au printemps, le Tricolore n’est plus qu’une ombre qui crée de temps à autre l’illusion avec des victoires de pacotille. De la poudre aux yeux faisant encore un peu briller les yeux des fans qui continuent de remplir les quelque 22 000 sièges de l’antre montréalaise.

C’est sans doute le seul motif d’espoir dans la sinistrose ambiante : un public qui trône en première place dans la ligue nationale. Si la glace ne rompt pas sous le poids de cette équipe fragile, c’est en partie grâce à lui. 

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1 reply »

  1. Voilà, c’est pas mieux qu’en France : ça se dit supporter et dans les moments difficiles, on se tourne vers autre chose ! Pourtant avec Jacques Martin, ils devaient rigoer les fans du Canadien. Ils auraient du le remplacer par Jean Yanne, ça faisait un beau duo dans les années 60/70.
    S’ils veulent des dirigeants nuls et bien payés, je sais où il y en a. Ils sont reconnaissables, habillés en rouge et jaune.
    A très bientôt Olivier, on ira voir ensemble le Mistral de Laval ! Il parait qu’ils ont un super gardien, eux .

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