Toi parler Québécois ?

Pour me souhaiter la bienvenue au Québec, des amis du cru m’ont un jour offert Le parler québécois pour les nuls (Éd. First). Voici donc une petite sélection de tous ces mots et expressions qui font le charme et la particularité de la « parlure » locale. Vous comprendrez que, parfois, il peut y avoir matière à confusion, ce qui peut compliquer certaines situations ! 🙂

Mettre ses culottes : s’affirmer haut et fort, notamment au sein de son couple. Donc, si une femme a mis ses culottes, ne pas en conclure qu’elle se balade habituellement la « foufoune » à l’air. (On dirait chez nous qu’elle porte le pantalon).

Sauter la clôture : au Québec, si un homme ou une femme saute la clôture, ce n’est pas pour exprimer un désir ardent d’athlétisme, mais pour désigner une relation extra-conjugale.

Cogner des clous : notre « piquer du nez », expression française aussi très imagée. Dur de lutter contre le sommeil. J’aime beaucoup l’image québécoise.

Branleux : oui, je sais, la trivialité est tentante ! Nous, on a le branleur, celui qui n’en fout pas une. Le branleux québécois renvoie à une personne qui hésite longtemps avant de prendre une décision.

Quétaine : démodé, kitsch, ou bien encore notre « cucul la praline » (on n’a rien à envier aux Québécois !) Exemples de choses quétaines : des bibelots, la moquette, un short de football des années 80, Johnny Halliday, Dick Rivers, etc.

Avoir une crotte sur le cœur : éprouver de la rancune envers quelqu’un. J’en ai quelques-unes !

Avoir une montée de lait : exprimer une indignation soudaine ! Si un homme québécois vous dit qu’il a eu une montée de lait, ne riez pas, il pourrait avoir une autre montée de lait !

Faire la baboune : bouder.

Grimper dans les rideaux : en France, on dit qu’une femme grimpe aux rideaux quand elle prend son pied au lit. Rien à voir ici  : se fâcher violemment. Remarquez, une belle dispute peut aussi se résoudre sur l’oreiller !

Manger ses bas : un homme peut vous dire qu’il a mangé ses bas. Ça ne fait pas de lui un transsexuel ou un travesti. En réalité, on mange ses bas dans une situation de stress intense.

So so : notre couci couça… comme si comme ça.

Se faire passer un sapin : encore une image qui change de sens en cours de route. Se faire duper, tromper. En considérant le prix des résineux à Noël, on n’en est pas loin !

Beigne : chez nous, du moins en Lorraine, une beigne, ça fait mal à la gueule. On prend une beigne comme on prend une tarte. Au Québec, on reste dans le domaine de la pâtisserie, la douleur et le féminin en moins. Un beigne est un beignet.

Gomme : un Québécois vous demande une gomme, vous lui tendez donc votre gomme à effacer. Sauf qu’au Québec, on dit une efface. La gomme est la version française de notre chewing-gum qui fait des bulles anglicistes. En général, le Québécois dira une une gomme à mâcher. Plus agréable en bouche que votre gomme à effacer.

Être chaudasse : attention, double sens ! En France, une chaudasse désigne de manière vulgaire une femme qui a le feu au cul. Pas ici, où le sens signifie être éméché !

Pâté chinois : ni plus ni moins que notre hachis parmentier, avec du maïs en plus.

Pet de sœur : quoi, les nonnes pètent ? Pas très classe chez nous, mais en vente libre dans les boulangeries québécoises, puisqu’il s’agit d’une petite pâtisserie sucrée à la cassonade. Par contre, quand on est Français et qu’on vous demande « Vous désirez ? », il faut bien se mordre les lèvres ou penser à des choses tristes avant ! 🙂 Le pet de sœur ne se place pas aussi facilement !

Bas : au Québec, je mets des bas. Je n’ai pas honte, ce sont des chaussettes.

Bobettes : je mets aussi des bobettes, terme qui désigne la culotte, le slip. Toujours au pluriel.

Foufounes : façon enfantine de parler des fesses. En France, façon masculine et rustique de parler du sexe de la femme. Je vote Québec !

Avoir l’air de la chienne à Jacques : être mal habillé, pas à son avantage. C’est qui ce Jacques ?

Se promener en bedaine : torse nu pour un homme.

La balayeuse : la première fois que ma coloc m’a demandé d’aller chercher la balayeuse, j’ai cru que j’allais devenir fou. Il est où, ce putain de balai ?!!!! J’aurais pu chercher longtemps : c’est l’aspirateur !

Un cabaret : j’aime bien l’ambiance des cabarets. J’ai appris la version québécoise en dînant à la cantine d’Ikea. C’est le plateau repas.

Avoir les yeux dans la graisse de bines : vous réparez votre voiture ? Non, vous avez simplement le regard absent, vous êtes perdu dans vos pensées.

Une crise de cœur : dis comme ça, c’est joli. On dirait une peine de cœur d’ado. C’est surtout un infarctus. Moins beau du coup…

Un cartable : votre employeur vous demande un cartable. Vous vous dites : il veut reprendre des études ? Non, mais un classeur ou cahier à spirales l’intéresse sans doute.

Avoir des croûtes à manger : bon appétit  ! Rassurez-vous, on ne mange pas de vraies croûtes au Québec, à part, peut-être, dans des régions très isolées. 🙂 Cela signifie manquer d’expérience.

Ligue de garage : une équipe de mécanos ? Non, une équipe de sportifs amateurs.

Mouiller à siot : pleuvoir très fort.

Sentir le swigne : rien à voir avec le swing. On ne vous invite pas à danser si vous sentez le swigne. En revanche, on vous fuit, car vous dégagez une forte odeur de transpiration.

Pour terminer : au Québec, on déjeune, on dîne, puis on soupe. Mieux vaut être au courant, pour éviter quelques situations fâcheuses, genre vous êtes invité à dîner et vous vous pointez le soir !

Je préciserai à mes lecteurs québécois que leurs cousins français ne sont pas en reste en matière d’expressions colorées. Mes  compatriotes peuvent aussi me faire leurs suggestions. Pêle-mêle :

Ça va chier des bulles : ça va mal se passer.

Il y a une couille dans le potage : il y a comme un (gros) problème.

Il pleut comme une vache qui pisse : il pleut beaucoup.

Avoir le cigare au bord des lèvres : envie de faire caca.

Changer l’huile des olives : envie de faire pipi.

Tu vas pas nous chier une pendule (avec son extension « de midi à 14h ») : ne pas en faire tout un fromage, des montagnes.

C’est la fête du slip : c’est du grand n’importe quoi.

Avoir les yeux qui sentent le cul : je traduis pas, c’est clair !

Il pleut des hallebardes : ça pleut fort !

On se caille les miches : il fait très froid.

Ça sent pas la rose : ça pue.

Envoyer quelqu’un sur les roses : éconduire.

Jeter des fleurs : faire des compliments.

Avoir des oursins dans les poches : être radin.

etc.

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Catégories :Tranches québécoises

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4 replies »

  1. les « pets de soeurs » sont très connus en France sous l’appellation « pets de nonnes », facile à trouver sur beaucoup de livres de pâtisserie, ou sur internet ….

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