Toi parler Lorrain ?

Pour faire suite à ma chronique du 5 février sur le parler québécois, voici un aperçu du parler lorrain, ce qui intéressera et fera sourire les cousins d’Amérique du Nord, et ceux qui ne connaissent pas cette belle région. Nous aussi, nous avons un langage coloré !

Schlass : un couteau. Par contre, vous pouvez aussi être complètement schlass (naze, fatigué, le « magané » québécois) après une nuit de chouille (fête en général alcoolisée).

Beugner : abîmer. Après une nuit de chouille, on beugne parfois la bagnole (voiture).

Schnapse : eau de vie réalisée à base de fruits fermentés, dont la célèbre mirabelle. Avantage : ça tue les microbes. Désavantage : à trop forte dose, ça décape tout, sobriété incluse.

Schmerre : si on vous demande une schmerre dans la rue, tendez une cigarette.

Schlappes : pantoufles, ou sandales bon marché. Quand le facteur passe, on est parfois en pyjama et en schlappes.

Taff : denrée rare de nos jours (travail).

LE + prénom : eh oui, on a tendance un mettre un article devant les prénoms. Exemple : j’étais chez le Stef hier… Pas très agréable à l’ouïe, mais typiquement local (j’ai moi-même le virus). Parfois, le prénom disparaît pour laisser place à la locution « gros ». « Il est où le gros ? » Le poids n’a rien à voir dans ce cas précis. Donc, on se fâche pas !

Un Lorrain ne boit pas, il pitche.

Troc : le bristrot, le café du coin (ou troquet).

Spatz : désigne un moineau ou un petit oiseau. Sert aussi de synonyme à l’organe génital humain (paix à cet ami qui doit me lire de là-haut et dont c’était le surnom).

Cornet : en Lorraine, c’est un sac plastique, un sachet. Pour la glace, on précisera : un cornet de glace.

Un schneck : un escargot aux raisins, et, aussi, au féminin, une façon de désigner l’appareil génital de la femme. Attention, donc, aux confusions : on ne dit pas « montre-moi ta schneck » à la boulangère, mais « un schneck, s’il vous plaît ». Si la boulangère est une ancienne maquerelle, ça peut poser problème, mais cette éventualité relève du domaine irréel.

Parigo : notre maudit Français à nous. Bref, un Parisien ! 🙂

Clanche : poignée de porte (similitude avec le Québec). On en a fait aussi un verbe. « N’oublie pas de clancher la porte. »

Cagneux : équivaut un peu au « croche » québécois. Les genoux sont souvent affublés de cet adjectif.

Entre midi :  entre midi et deux. Incorrect, mais on en abuse !

Un Spountz, ou un Schleu : un Allemand. Ayant été annexé trois fois par son voisin « casqueàpointé », le Lorrain en conserve un souvenir mitigé.

Wurst (prononcé Vourcht) : la saucisse en général.

Platt (ou francique ) : patois lorrain proche de l’allemand. L’acadien des Lorrains : on comprend que dalle !

Un Lorrain préfère parfois les raccourcis. Il dira Ça gets ? (prononcez guétz) ou Wi gets ? en pensant à « Comment vas-tu cher ami ? » Sans oublier le célèbre « Ça gets mohl ? »

« Ça tire, ferme la porte ! » Ne vous couchez pas au sol. On vous signale juste un courant d’air.

Un Lorrain ne fout pas le bordel, mais il met le caillon.

Il ne redoute pas les flics, mais les schtars.

Il ne se tape pas la honte, mais la chouffe.

Il ne fume pas du cannabis, il bêdave.

On ne dit pas bouillaver en parlant d’une fille. (= baiser) On préfèrera le bienséant « copuler sans atomes crochus. » 🙂

Nous avons notre « frette » lorrain : ça caille ! On dira aussi « ça meule« .

Si vous chouravez, ou tchourez, vous verrez les schtars de près ( = voler).

Si un Lorrain a mal au derche, il a juste mal au cul.

En revanche, s’il aime pas votre fratz, votre derche pourrait s’en souvenir ( = visage, figure).

Il a envie de grailler ? Donnez-lui à manger.

Nous avons aussi notre « épais » québécois : un reuleuleu (idiot, abruti).

On peut aussi vous inviter à mettre vos patins avant d’entrer dans la maison. Un Québécois serait mal inspiré d’aller défigurer le plancher avec ses belles lames. On vous invite à enfiler des pantoufles ! Aïe !

« Il m’a mis une tarte dans la schnesse » : une baffe dans la gueule. A ne pas confondre avec « un doigt dans la schneck ».  Dans le même style, une torgnole est une claque.

Voilà, vous en savez un peu plus sur les cousins du  Nord-Est. Pour les Français nuls en géographie, ou des Texans (ce qui revient au même), qui tomberaient sur ce blog par hasard, je précise que la Lorraine se situe en France, malgré quelques sursauts germanophones dans sa langue qui laisse supposer le contraire.

Publicités

Catégories :Made in France

Tagged as: , ,

3 replies »

  1. Cher « Raoudi » du Québec, bravo pour cet article, je crois que nous pouvons te mettre un « stempel  » « vin(tte)sur vin (tte) ».Ici ça « caille », on a la schnudel au nez, alors pour se réchauffer certains boivent un schlouk de « schnaps », d’autres font « café klatsch » et d’autres avaient tout prévu, ils avaient fait du speck en début d’hiver. stusse l’olivier.

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s