Le but de la délivrance

Il s’est passé un petit événement hier dans le monde viril du hockey, et il concerne le Canadien de Montréal.

Je devrais même dire deux, puisque qu’en dominant les Islanders de New York sur la glace d’Uniondale (3-2), le Tricolore enregistre trois victoires consécutives, ce qui ne lui était plus arrivé depuis le mois d’octobre.

Le petit miracle dont je veux vous parler concerne Scott Gomez, qui a retrouvé le chemin des filets adverses, après une disette de plus d’un an ! L’attaquant américain, acheté à prix d’or par le club, est devenu la risée, pour ne pas dire le souffre douleur, des partisans de cette franchise adulée. Inutile de vous dire que les blagues fusent sur les réseaux sociaux à son encontre ! Cible des critiques donc, à défaut d’être une attraction sur le terrain des louanges. Certaines voix dans les médias se gaussent aussi de cette stérilité devant le but. En trouvant la combinaison du coffre-fort ennemi, Gomez a même éclipsé le tour du chapeau réalisé par Max Paccioretti, moins bien payé mais autrement plus productif (22 buts).

Boulet salarial de la formation, le joueur de centre a bien du mal à justifier sa réputation d’équipier le mieux payé du CH. Un an sans but, dans un sport où les rondelles canardent les gardiens, c’est une exception qui confirme la règle : le fric ne fait pas l’athlète.

Si Gomez jouait au football, on dirait qu’il a les pieds carrés, pour pointer cette fâcheuse tendance à rater la cible. Sa saison minée par les blessures ne suffit pas à le dédouaner. Gomez sur la glace, c’est comme l’histoire du mec qui n’arrive plus à faire jouir sa partenaire, malgré d’interminables et louables efforts. Cette cage de buts érigée en point G est devenue un grand mystère pour lui. Quand la rondelle titille ses filets, c’est tout un amphithéâtre qui chavire, comme si le public était relié à ces terminaisons nerveuses en nylon. On oublie souvent que les frontières sont poreuses entre le cul et le sport. Le sport, c’est l’orgasme par la bouche, quand la victoire vous envoie sa semence pour exulter à pleines dents.

En marquant le but de la victoire chez un adversaire partageant les mêmes marécages, le petit attaquant a créé un buzz.  Il fallait voir la réaction de ses coéquipiers après son but pour comprendre qu’il leur tardait de le voir conjurer le mauvais sort. Reste à savoir si ce déblocage si jouissif pour les colonnes sportives agira comme un détonateur, ou si, au contraire, cette ombre dans une équipe en manque de lumières retombera dans son mutisme pesant, au grand dam des amateurs de hockey qui réclament à corps et à cris son départ.

Pour éviter qu’un pareil scénario se reproduise, le direction du club peut toujours se tourner vers l’Église catholique de Montréal. Cette dernière vient de publier des encarts publicitaires dans deux journaux de la ville, en demandant à ses fidèles de prier pour l’équipe locale. Considérant sa situation précaire, j’invite les paroissiens à se prosterner devant saint Antoine de Padoue… le Saint des miracles !

Quand on en arrive à implorer la prière pour sauver une organisation, et que les journaux font leurs choux gras avec un but espéré depuis plus d’un an chez un attaquant surpayé et soporifique, mois je dis que la situation n’est pas grave, mais désespérée ! 

Vite, un prêtre !

PS : à la demande d’une amie et lectrice, je leur suggère également de prier Sainte Rita, la sainte des causes désespérées.

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