La voiture avant l’homme

Photo Journal La Presse.

J’en ai lu une bien bonne aujourd’hui, et j’ai bien ri… jaune.

Je viens de découvrir qu’aux États-Unis, à Las Vegas plus exactement, on pouvait visiter un mort sans même descendre de sa voiture. Oui, vous avez bien lu, comme au McDrive ! Le défunt tant aimé est réduit à un cheesburger, sauf qu’on ne mange pas un mort, fort heureusement.

On sait tous qu’Outre-Atlantique, et dans la ville du jeu en particulier, impossible n’est pas un mot du dictionnaire. Le problème, c’est quand le grandiose côtoie le mauvais goût. Par chance, il n’existe, pour le moment, qu’un seul établissement de ce genre au pays de l’Oncle Sam. La gérante de ce salon funéraire atypique précise que son établissement est notamment une solution de rechange pratique pour les personnes âgées éprouvant des difficultés à se déplacer, ce que je peux concevoir. Mais on s’entend pour dire que ce genre d’endroit ne sera pas uniquement fréquenté par le 3e âge ou les personnes souffrant d’un handicap.

Au premier abord, on croirait à une mise en scène macabre dans un magasin ayant pignon sur rue, avec un mannequin servant à promouvoir le dernier cercueil à la mode. On y aperçoit un défunt attendant ses visiteurs roulants derrière une grande baie vitrée, dans son ultime demeure à demi-ouverte. Le zoo ? On n’en est pas loin.

On touche à l’indécence la plus totale. J’estime, mais ce n’est que mon humble avis, qu’un mort a droit à une meilleure considération. Le respecter, c’est au moins faire l’effort de marcher jusqu’à son cercueil, pour s’y recueillir. C’est montrer qu’il n’était pas un chien en parcourant ces quelques mètres qui nous séparent de l’indifférence. Où est la marque d’affection ou la preuve d’amour, quand on observe, de sa voiture, la dépouille d’un proche ?

Dans une société où la paresse est devenue la règle, où le temps si précieux dévore tout, on en arrive à brader la plus élémentaire des politesses, quand l’heure des adieux impose cette implication induite dans l’hommage à la personne disparue.

Vous verrez qu’un jour, on aménagera un couloir pour les autos dans les cimetières. Histoire de pas salir ses pompes parce qu’il a trop plu, ou pour ne pas avoir à payer le stationnement situé à quelques mètres de là. On se limitera, vite fait, à une petite génuflexion de la tête entre deux courses urgentes. Et le tour sera joué.

Au paradis de l’auto, était titré l’article. Tout est dit. Quand on pense d’abord à la bagnole…

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Catégories :Tranches québécoises

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