Ce qu’on ne fait pas – en théorie – dans une bibliothèque…

Avril 2012.

Grande bibliothèque de Montréal, presque une seconde maison.

Dans ce bâtiment imposant de 4 étages, il y a des choses qu’on ne peut pas faire, comme dans beaucoup d’établissements de ce genre. Ces interdictions frappées du bon sens sont pourtant loin d’être acquises par certains usagers. Par exemple, comme je m’en étais déjà fait l’écho, on ne bascule pas sa petite copine sur la table, même si on ne l’a pas vue depuis longtemps. Ça ne se fait pas, tout simplement, et puis c’est dangereux pour la santé des célibataires. On évite aussi d’écouter de la musique sur son ordinateur sans des écouteurs, invention bien pratique destinée à ne pas empiéter sur la tranquillité de son voisin.

Que peut-on encore interdire aux visiteurs ? De manger. Ça me paraît logique, sinon on aurait écrit « restaurant » ou « cantine », et non « bibliothèque ». Eh bien non, c’est pas si logique que ça. J’observe régulièrement des gens qui se sustentent en douce, parfois dans les toilettes (idéal pour déguster une bonne barre de céréales). Récemment, ma voisine d’en face picorait de temps à autre, après quelques regards furtifs à droite et à gauche, dans un sac sans doute garni de cacahuètes grillées, à en juger par son masticage sonore. Le problème, c’est quand un agent de surveillance fait irruption dans votre dos (c’est dommage, on n’a pas d’yeux dans le dos) en vous invitant gentiment à remballer votre collation. Du coup, on se sent un peu honteuse, on rougit. Avec un peu de jugement, on évitait cette petite tape sur les doigts un peu dégradante.

Quoi d’autre à mettre dans le fossé du savoir-vivre en société ? On n’enlève pas ses chaussures à la bibliothèque. Rigolez pas, j’en ai été le témoin. Mon voisin de droite s’est assis, puis s’est déchaussé, posant délicatement ses gros souliers d’hiver sous la table. Je me suis dit que ça allait être sympa si ce monsieur avait deux camemberts à la place des pieds. Il ne s’est pas arrêté là, se débarrassant de son gros pull pout dévoiler un maillot de corps du plus bel effet. Relaxe, le mec. Je lui aurais bien tendu une canne à pêche et une petite brindille à mastiquer. Le bonheur est dans le pré, la suite… J’ai compris que l’abandon des chaussures était un accroc au règlement quand un autre agent de surveillance (ils doivent se cacher dans les livres, c’est pas possible) a exprimé son désir pressant de le voir chaussé à nouveau. Même remarque, même punition : petite grimace de malaise. Un peu de honte n’a jamais fait de mal à personne.

La sieste est également prohibée, surtout si elle induit les ronflements. Discrète, je dis pas, mais l’enclenchement de la tondeuse, c’est trop pour ma concentration ! Un léger assoupissement sera toujours mieux perçu qu’une bouche éructant la fatigue. Le buste affalé sur la table fragilise la discrétion. Si votre corps adopte des poses nocturnes dans un fauteuil, vous pouvez faire une croix sur un sommeil long et profond, l’agent de sécurité qui se cache derrière les livres étant programmé pour empêcher ce genre de tableau.

C’est fini ? Pas encore ! N’oublions pas le téléphone qui sonne et son propriétaire qui décroche, entame sa conversation en faisant abstraction de son entourage. Extrait : « Oui, mais là, c’est pas possible, je suis à la bibliothèque. » Au moins, en voilà un qui a conscience de l’endroit où il se trouve, c’est déjà un chapitre de gagné dans la longue leçon de la civilité. Par contre, aucun cerbère à l’horizon pour lui demander de raccrocher. Dommage…

On évite aussi de faire comme à la maison, en prenant les toilettes pour un petit havre de lecture. Et si on craque, on ramène la BD qu’on a prise avec soi, on ne la laisse pas en rade au-dessus du papier toilette. D’où l’intérêt de bien se laver les mains après avoir manipulé les livres d’une bibliothèque, quand on voit où ils traînent ! Moi qui avait tendance à humecter le bout de mon index pour tourner les pages, j’ai arrêté ! Radical.

Dernière chose : on ne va pas cuver sa bière ou ses dix whisky Coca à la bibliothèque. Le personnel de surveillance posté à l’entrée a la truffe bien aiguisée. J’ai bien ri, récemment, en entendant cet agent apostropher un homme dégageant un parfum suspect. « Monsieur, vous n’entrez pas, vous sentez l’alcool. »

Boire ou lire, il faut choisir !

 

Publicités

Catégories :Souriez !

Tagged as: , , ,

1 reply »

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s