A voté !

A voté. Oui, j’ai voté. Mais pour la première fois, et c’est une réelle jouissance, j’ai devancé tous mes compatriotes. C’est ce qui arrive quand on devient un Français de l’étranger. Même quand on parle la même langue que les indigènes, on est un étranger, c’est comme ça, on ne peut rien y faire (en plus, j’imite très mal l’accent québécois). 

Donc, je me suis retrouvé dans l’isoloir. J’aurais pu voter par internet, mais je souhaitais me mettre dans les conditions réelles de ce droit civique si sacré. À quoi ressemble un isoloir québécois ? À un isoloir français (après, je ne peux pas vous dire qui a copié sur l’autre). Du vide avec des parois autour pour préserver l’intimité. Et moi au milieu, droit comme un électeur. Je dois avouer qu’en quittant le métro, je n’ai pas eu de mal à trouver le collège où tous les Français de France étaient appelés à voter. Il suffisait de suivre cette procession inhabituelle dans le secteur. Des Gaulois par centaines, venus seuls ou en famille. Une grosse communauté (nous serions plus ou moins 100 000 à Montréal), convergeant vers l’unique lieu de vote de la ville. Si ça a été la pagaille ? Non, je dois dire que c’était assez fluide,  à mon grand étonnement.

Quel nom portait le bulletin que j’ai glissé dans l’urne ? Fernandel. Vous ne croyez tout de même pas que je vais vous dévoiler l’identité de mon favori ! Je préfère encore déballer ma bite que mes convictions politiques. Pourquoi j’emploie le mot bite ? Disons que c’est ma façon de combattre le politiquement correct qui déforme et pourrit la plus élémentaire des conversations de nos jours. Alors je dis bite (pour la 3e fois au passage), parce que ça vient aussi du fond du coeur, ce qui est moins douloureux que du fond du c…, je vous l’accorde.

Je retournerai voter dans une semaine, sans être sûr pour autant que le vainqueur remette la France dans le droit chemin. Les promesses de nos chers élus sont devenues les antibiotiques de la politique. On nous en a tellement administré qu’elle ne font plus effet. Même avec un coup de barre à gauche, on empêchera pas les dérives et les privilèges, et une bonne dose de populisme pour endormir les foules. Je suis devenu pessimiste parce que les hommes politiques m’ont appris à le devenir. 

Pourtant, je continue à voter. Ma conviction a beau être lézardée de doutes, je vote car  j’ai la chance de pouvoir le faire et d’exprimer une opinion sans me retrouver derrière des barreaux, ou bien pire. Aujourd’hui, j’ai glissé un  bulletin de liberté dans l’urne de la démocratie. Les abstentionnistes ont la mémoire bien courte.

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