Semaine de la boucherie

Encore une loi des séries, sauf que celle-ci est particulièrement gore ! Y a des semaines comme ça, des semaines où il ne faut pas ouvrir son journal. Du sang partout, des images insoutenables ou présumées comme telles, et la Toile qui s’emballe devant l’horreur et l’incompréhensible, avec une belle dose de voyeurisme malsain. Moi, ça a commencé un mardi, d’où ce titre aussi équivoque que racoleur.

MARDI

Deux mecs à poils à Miami. Rien de choquant aux États-Unis. Ils sont allongés sur le bitume, dans une allée réservée aux piétons le long d’une autoroute. Une caméra filme la scène, mais un pont obstrue la vision, on ne distingue que leurs jambes. Sur le moment, je me dis qu’il doit faire super chaud en Floride. Ça me rappelle presque une chanson du groupe espagnol Mecano, Une femme avec une femme. Sauf que là, c’est plutôt un homme avec un homme. La plage est un peu âpre, j’avoue. Du sable aurait été plus avenant pour leurs ébats intimes et spontanés. Les contes de fée ont parfois une fin ou dissimulent une toute autre réalité. Car lorsque la caméra s’approche, l’horreur fait dérailler la musique sirupeuse. L’un d’eux s’est pris pour une mante religieuse, soudain pris d’une irrésistible envie de lui dévorer le visage. La victime est un sans-abri de 65 ans, lequel a dû penser qu’il n’était pas vernis en ce bas monde. Son agresseur s’est rué sur lui avec une sauvagerie indescriptible. Durant 18 minutes (prenez un chrono, vous verrez, c’est long), il s’est acharné à pleines dents sur le visage du malheureux, dont il ne subsistera que la barbe après cette pitance (comme quoi la barbe, ça a du bon). Alertés, les policiers ont dû abattre le cannibale affamé. « Il grognait comme un animal, on aurait dit un zombie », a confié un témoin de la scène. Quand la fiction rejoint la réalité. Je vous épargne le sang dégoulinant et les morceaux de chair pendouillant des lèvres.

Pourquoi tant de haine ? À cause d’une drogue baptisée Bath Salts (sels de mer). Drôle de dénomination vu les effets secondaires. La consommation de ce produit rendrait extrêmement violent et décuplerait la force, en plus de faire monter en flèche la température corporelle, d’où l’irrésistible envie de singer Adam, lequel, on le sait, s’était entiché d’une végétarienne (sa pomme nous a bien foutus dans la merde).

L’info qui n’apporte rien mais qui détend l’atmosphère : la victime s’appelle Ronald et son bourreau Eugène. Si les Amerloques décident un jour de porter cette histoire macabre à l’écran, on leur conseille vivement de changer le prénom des protagonistes, histoire de ne pas refroidir les ardeurs gores de leur remake mercantile.

MERCREDI

On reste chez l’oncle Sam, dans le New Jersey. Nouvelle scène d’horreur dans la presse. Encore de la viande humaine, encore un mec sous acide ou profondément dérangé. L’homme, un quadragénaire, s’est barricadé chez lui et menace de s’éventrer. On appelle ça une tentative de suicide ou une prise en otage de soi-même, quand on y pense bien. Les officiers de police prévenus ce jour-là ne sont pas venus pour rien. L’homme n’étant pas du genre mytho ou politicien, un pléonasme quand on y pense bien, le voilà qui met sa menace à exécution en se tailladant le ventre et les jambes (y pas d’intestins dans les jambes, il me semble). Il va même jusqu’à leur balancer quelques bouts de peau et d’entrailles. « Tiens, prends ça dans ta gueule ! » Par chance, le mec n’a pas songé ou eu le temps de s’émasculer, même si une paire de couilles n’a jamais blessé personne.

L’info qui n’apporte rien mais qui détend l’atmosphère : aucune plainte n’a été enregistrée. Ça risque de pas durer : les zombie (les vrais) et autres personnages malsains qui abondent au cinéma vont finir par pointer au chômage si on commence à leur voler leur job de frappadingue.

MERCREDI ET JEUDI

Grand émoi au Parlement canadien à Ottawa ! Deux partis politiques (conservateurs et libéraux) ont reçu des dons pour le moins nauséabonds. S’il est courant et souvent bien vu d’envoyer de l’argent, il est en revanche plus inhabituel de poster un pied ou une main appartenant à un homme… Oui, vous avez bien lu. On ne rigole pas au Canada ! Les colis, ne sentant pas vraiment la rose, ont semé une belle consternation au sein de la classe politique, condamnant d’une même voix ce geste « dégueulasse ». Au même moment, un quartier de Montréal (putain, ça se rapproche trop là, c’est chez moi) connaissait le feu des projecteurs après une macabre découverte. En pleine semaine de la boucherie, on n’allait pas se priver ! De la viande humaine, avariée certes, en l’occurrence un tronc démembré dissimulé dans une valise cernée par les mouches. Appétissant… À voir les grimaces des policiers, on se trouvait vite devant le fait accompli. Et comme dans un bon thriller, la dépouille montréalaise aurait un lien avec les membres retrouvés mercredi à Ottawa, cachet de la poste faisant foie (pardon). Donc, il y a un psychopathe, activement recherché, qui court dans la nature. À tel point que le FBI et Interpol ont été sollicités pour tenter de résoudre cette sordide affaire, et surtout d’alpaguer le surnommé Luka Rocco Magnotta. Particulièrement attiré par la chose morbide, ce dernier est allé jusqu’à filmer in extenso son crime atroce, avant de le diffuser sur le net.

L’info qui n’apporte rien mais qui détend l’atmosphère : l’auteur présumé de ces faits est aussi acteur porno dans des films gais. De là à dire que l’abus de sexe est dangereux pour la santé…

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s