Montréal la chaude

« Température record, chaleur accablante. » Mercredi 20 juin à Montréal, la météo rougit, l’été est arrivé avec une enclume. Je sue, nous suons, ils suent. Toute la ville transpire, suffoque, et ce n’est qu’un début. Chaque année, c’est la même rengaine, la même chaleur crasse qui graisse les corps, inspire les complaintes.  Montréal est toujours humide en été. Trop. Même statique dans un appartement qui fait le dos rond, les auréoles apparaissent sous les bras. Même plus capable de les poser sur la table, mes bras. Canicule oblige, ils fondent sur le bois où je les appuie pour écrire sur mon ordinateur. Comme toujours en pareille situation, les piscines extérieures jouent les prolongations, pour permettre aux organismes de se rafraîchir, ou du moins essayer, tandis que les marchands de glace s’en mettent plein les poches. Même le soir, même passé 22h, la douceur persiste avec des reliquats de mercure enfiévré. Une façon de mettre en garde les hominidés que nous sommes, puisque demain, on remet ça (youpi !)

Je sais que les Lorrains qui liront ses lignes, et même d’autres Français exaspérés par leur météo d’automne, ceux-là même qui me rapportent que leur ciel a le nez qui coule, envieront mon soleil et mes températures trop généreuses. Mais comme toutes les extrêmes, Montréal la marocaine n’est pas un cadeau. Rien que le soir, les nuits sont agitées, moites, intermittentes dans ce marécage ambiant. Je suis flétri de la tête aux pieds, je dégouline, je me vide de mon eau… Au secours ! C’est vrai que c’est beau un ciel tout bleu, avec  ce cercle jaune qui nous en met plein la vue. Sur le papier, c’est agréable. Dans la réalité, quand le thermostat s’est arrêté sur 40, ça devient pour le coup moins enchanteur. 

J’irai bien pisser mais je n’y arrive pas. Le réservoir est vite à sec. Je bois, j’élimine, je rivalise avec les vapeurs de ma casserole. Putain de cercle vicieux. Si je m’écoutais, je dormirais dans la douche, en faisant ruisseler une eau bien fraîche sur ma mécanique en ébullition. Envie aussi d’engloutir plusieurs crèmes glacées, des molles ou des dures, je m’en fous… Pas très compatible avec le ventre plat ces cochonneries, mais terriblement revigorantes sous la langue, fortifiantes sous le palais, et totalement décomplexées lorsqu’elles s’enfoncent dans le gosier.

Ce soir, je vais encore ostraciser ma couette. J’ai même écrit un article aujourd’hui vêtu d’un simple slip. J’en pouvais plus. Imaginez le tableau. A Montréal, j’ai appris le naturisme. En tout cas, avec cette chaleur qui a sorti sa matraque, je n’en suis pas loin ! 🙂

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s