De l’utilité d’avoir une bonne selle à Montréal

Il y a un peu plus d’un mois, je faisais l’acquisition d’un vélo d’occasion. J’avais hâte de pédaler et de redécouvrir la ville, cheveux au vent et moucherons sur les dents… Sauf que j’avais oublié un détail : l’état des routes à Montréal. Une cata ! Franchement, par endroits, si je ferme les yeux, je pourrais avoir l’impression de me déplacer dans un pays en guerre ou en pleine cambrousse. J’ai mal au cul, il y a un tremblement de terre sur ma selle. Les conditions hivernales, très rudes, sont souvent montrées du doigt, mais elles n’expliquent pas tout. Entre les routes craquelées, rebouchées ou rénovées les yeux bandés, et les ponts qui se désagrègent sur les automobilistes, il y a de quoi s’inquiéter dans la Belle Province. Les infrastructures ? Presque un sujet tabou ici. 

Voilà pourquoi les fesses des cyclistes sont mises à rude épreuve. Les miennes en particulier. Des bosses, des crevasses, des cicatrices partout sur le bitume et qui deviennent vicieuses à la nuit tombée. Ce Québec lézardé, balafré, inspire par moments la pitié, quand il n’exaspère pas franchement l’usager pris en otage. Quand la misère est trop profonde, je me mets debout sur les pédales pour ne pas avoir à endurer cette asphalte malade qui me cogne l’arrière-train. Parfois, il m’arrive de contourner une bouche d’égoût affaissée dans le béton. Par chance, je possède un vélo de montagne robuste, il me rassure.

Les employés municipaux ont beau poser des rustines sur ces plaies envahissantes, ils ne font que repousser le problème. On pare au plus pressé, mais au final, les rubans citadins restent un mauvais moment à passer pour les amortisseurs humains ou mécaniques. Pas très loin de chez moi, ils ont refait la route sur quelques centaines de mètres. Un bel enrobé noir, lisse, sans aspérités. Quand je pédale sur cette bande esthétique, j’ai l’impression de planer, d’avancer sans effort. Je fonce, je savoure, mais le plaisir est de courte durée. Passée cette parenthèse, je crispe à nouveau les poings sur mon guidon pris de convulsions. Je roulerais sans les mains un autre jour.

Publicités

1 reply »

  1. mon pauvre, tu vas avoir de la corne aux fesses à force!! viens à metz, on a de belles routes par endroits grâce au tour de france qui vient de passer……… y’a pas de tour de quebec en vélo?? ce serait l’occaz’ pour retapper les routes…lol

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s