Deschamps – Therrien : la reconquête difficile

Lu dans le journal La Presse de ce jour. Un des chroniqueurs met en parallèle Michel Therrien et Didier Deschamps, dans leur nomination pour redresser une équipe en mal de prestige. Selon lui, il s’agira d’un même combat. C’est vrai que dans les deux cas, la tâche ne sera pas facile.

Le premier a repris les rênes du Canadien de Montréal, équipe qu’il avait déjà dirigée pendant trois ans (2000 à 2003). Le CH court désespérément après un nouveau sacre depuis 1993. Pire : la dernière saison a été catastrophique, la formation montréalaise pataugeant à la dernière place de l’association Est de la LNH.

Le second, lui, a glané pas mal de titres en tant que joueur et entraîneur. Deschamps est un compétiteur dans l’âme, un homme providentiel si l’on en juge par ses diverses expériences. Lui aussi hérite d’un lourd fardeau. Depuis 2006 et une finale inespérée lors du mondial en Allemagne, l’équipe de France engrange plus les critiques que les éloges. Les générations Platini et Zidane ont laissé place à une dynastie d’enfants gâtés qui donnent des sueurs froides aux instances dirigeantes du football hexagonal et nourrissent abondamment la rancœur des supporteurs tricolores, qui déversent des torrents d’opprobre sur cette pâle copie de leurs glorieux aînés…

Hockey ou football, le défi est de taille et l’enjeu similaire. Il tient en une phrase : redorer le blason. Qu’on me permette toutefois de plaindre un peu plus l’ex-entraîneur de Marseille, pays de la marmite et du mistral à géométrie variable, les résultats de l’équipe faisant la pluie et le beau temps. Car si, sportivement, le Canadien de Montréal carbure à l’ordinaire, il n’est pas gangrené par l’insolence de garnements qui se croient tout permis et se voient plus grands qu’ils ne sont. Deschamps et Therrien ont en commun d’être des entraîneurs à poigne, le genre de professionnels qu’on embauche en dernier recours, quand le navire se met à tanguer dangereusement, ou quand l’incendie a consumé bien des patiences.

Je souhaite à ces deux équipes chères à mon cœur pour des raisons différents de retrouver leur place dans les colonnes de bonnes nouvelles. Alors oui, Didier Deschamps et Michel Therrien, même combat, même si le second n’aura pas à remplir aussi la fonction d’éducateur social, et qu’on ne devrait pas voir, avant un bon moment, un joueur du Canadien de Montréal insulter copieusement un journaliste et sa maman. À ce niveau-là, le technicien montréalais bénéficie d’une belle longueur d’avance sur son homologue français. Une mise en échec, aussi brutale soit-elle, fera toujours moins mal qu’une injure gratuite crachée en public.

Au contraire de l’équipe de France, le CH ne fait plus rêver, mais il inspire encore le respect.

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