Beautés mécaniques à Grandby

Même la célèbre Ford Torino de Starsky et Hutch était de la partie, pour mon plus grand plaisir !

Quand j’étais petit, j’adorais les voitures. Je collectionnais les petits formats. Je crois que je n’en avais jamais assez. Elles s’agglutinaient dans un gros baril de lessive, mais cela ne suffisait pas. Et quand ma mère ne cédait pas à mes caprices, je piquais une colère monstre. Je me roulais par terre, j’enfilais mes habits d’enfant pourri gâté…

Autant vous dire que le festival de Granby des voitures anciennes a réveillé en moi quelques souvenirs nostalgiques. Depuis 31 ans, cette ville de la Montérégie située à une petite heure de Montréal voit affluer les amateurs et les simples curieux, comme moi. Au fil des années, l’événement est devenu une institution, au point d’être considéré comme un des plus grands rassemblements du genre au Canada, avec plus de 3 000 modèles exposés et près de 40 000 visiteurs en trois jours.

Je suis donc allé me promener du côté de Granby, profitant de l’occasion pour aller visiter mon ancienne coloc et son chum. Quand je suis arrivé sur mon vélo de montagne, prêté gentiment par mes hôtes, j’ai vite mesuré l’ampleur de la manifestation. Le soleil écrasant aidant, à peine chahuté par une averse carabinée, le public était venu en masse pour se faufiler entre les pièces de collection et admirer les époques rivalisant d’invention et d’esthétisme. Si je ne suis pas un indécrottable connaisseur de mécanique, j’avoue avoir profité pleinement du moment, mitraillant tous ces carrosses aux profils rutilants avec mon appareil photo, le plus souvent au grand bonheur de leurs propriétaires, plutôt fiers qu’on immortalise leurs belles. Ce que j’ai vu a bien rempli l’estomac de mes pupilles. Croisement de beautés, de styles et de lignes, le Granby international de voitures anciennes vaut notamment par les couleurs criantes et les looks délicieusement rétro, comme ces Chevrolets cabriolet rutilantes, avec leurs pare-chocs et leurs enjoliveurs chromés, maquillées comme des gâteaux anglais aux couleurs intrigantes. Il flottait comme un air de Grease, et je me suis même demandé si des blousons noirs bananés n’allaient pas débarquer avec une nana dans une main et un cran d’arrêt dans l’autre.

Avec toutes ces bagnoles d’un autre temps, ces bagnoles bichonnées avec une infinie précaution, on se serait cru plongé dans un grand hommage mécanique au cinéma, le pied sur l’accélérateur et les mains dans le cambouis, tant les vieilles voitures américaines accompagnent beaucoup de nos souvenirs reliés au 7e art ou aux séries télévisées surannées. Quelle ne fut pas ma joie de tomber nez à nez avec la célèbre Ford Torino du duo Starsky et Hutch, dont les crissements de pneu sur le bitume sont aussi célèbres que sa silhouette racée zébrée de blanc. Et que dire de cette non moins mythique DeLorean DMC-12 qui me fit remonter le temps en compagnie de Marty McFly et le Docteur Emmett Brown, alias le Doc, improbables partenaires de la trilogie Retour vers le futur. Et je ne vous parle pas des Mustang, des Buick, des tacots Ford et autres Pontiac. Ni même, malgré ma fibre tricolore haut perchée, de cette 2 CV ressuscitée par un Québécois amoureux de notre « dedeuche » nationale. Toute habillée de rouge, intérieur refait à neuf, grande séductrice malgré son âge avancé, avec ses deux gros yeux globuleux qui lui servent de phares, mais aussi à appâter ses hordes de fans.

Bref, il y avait du beau monde à Granby, et le soleil a dû se sentir bien seul devant toutes ces étoiles resplendissantes. J’aurais bien troqué mon vélo contre le volant d’une de ces belles tirées à quatre épingles. Juste pour mettre le contact. Tourner la clé pour entendre le moteur ronronner ses souvenirs et vous en mettre plein les oreilles. Quand une voiture ancienne flirte avec vos tympans, il est difficile de lui résister. Je ne sais pas si, à l’instar de la voiture démoniaque du film Christine, celles de Grandby étaient possédées, mais je suis en revanche certain d’une chose : elles ne font pas leur âge, et le cœur qui bat sous leur capot les rendrait presque humaines…

Photos : Olivier Pierson.

Avec leurs couleurs chatoyantes et leurs reflets éclatants, les Chevrolet cabriolet n’ont rien perdu de leur pouvoir de séduction.

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