Road trip : jour 12

Le Bioparc de la Gaspésie permet notamment d’observer des loutres. Pour les prendre en photos, il faut être rapide !

Première grasse matinée depuis le début de mon périple : levé à 7h au lieu de 6. J’ai vécu une journée réparatrice avant de remettre les bouchées doubles sur la route. De mon hôtel, un pont me séparait du Bioparc de Bonaventure. Dans ce jardin animalier de 1,5 km2, scindé en 5 écosystèmes, les pensionnaires vivent sous le régime de la semi-liberté. Je fais connaissance avec Line, une des naturalistes de ce site ouvert en 1998. Affligée d’un « rhube » qui déforme un peu sa diction, la guide me dresse un topo sur les résidents, dont les plus gros représentants sont l’ours et l’orignal. La ménagerie est plutôt agréable à arpenter. C’est l’endroit idéal pour les virées en famille, certains animaux, comme les phoques ou les loutres, faisant fureur auprès des enfants. Depuis 2010, le Bioparc est doté d’un insectarium, où 25% des espèces représentées sont issues du Québec (dont un gros contingent de papillons). On observe aussi toutes sortes de « bibittes » aussi repoussantes les unes que les autres. Line m’a proposé de tenir dans ma main un mille-pattes, j’ai décliné poliment. Quand j’ai vu la taille de certains insectes, même a priori inoffensifs, j’ai compris pourquoi je ne vivrais jamais dans la jungle comme Tarzan. Des phasmes – ces champions du mimétisme – au scorpion, en passant par les mygales, on a droit à un bel échantillon des parias de la nature. Le pire, je crois, ce sont les araignées. Elles sont énormes. Certaines se confondent avec le tronc des arbres…

Une petite ferme figure aussi au chapitre des équipements récents, de quoi ravir le tout jeune public. Dans un futur proche, le bioparc doit s’attaquer à la rénovation ou l’agrandissement de certains habitats, à commencer par celui des deux phoques communs nés en captivité, qui offrent tout un spectacle quand on vient les nourrir.

Le moment tant attendu est survenu vers 12h30 : une descente de la rivière Bonaventure en kayak, sur le site du centre de villégiature de Cime Aventures ! En guise d’entrée, un des animateurs nous demande de ne rien jeter dans ce cours d’eau qui compte parmi les plus limpides du Canada, au point où certains y prennent quelques gorgées. C’est le moment que j’ai choisi pour contredire l’intervenant en faisant tomber accidentellement ma bouteille Aquafina sous le ponton du départ. Belle entrée en matière…

La randonnée va durer plus de deux heures, j’espère ne pas sécher sous ce soleil qui cogne généreusement. Au menu : 9 km de descente à un rythme familial, comme le nom du forfait d’ailleurs. C’est peu comparé aux 125 km de la rivière à saumons, très basse en raison d’un été exceptionnel au Québec. Mon embarcation raclera d’ailleurs les cailloux à plusieurs reprises, m’obligeant à me servir de ma pagaie pour pour ne pas rester coincé. Très beau moment que cette balade au fil de l’eau serpentant au cœur de la forêt, en négociant sans trop de difficultés quelques menus rapides. Si la pratique du kayak n’est pas compliquée en soi, j’avoue avoir eu parfois un peu de mal à maîtriser la versatilité des courants dodus. Je conseille fortement cette virée, car les routes aquatiques seront toujours plus relaxantes et inspirantes que leurs cousines en béton. On se laisse porter par le liquide et le silence ambiant, avec cette lancinante sensation de planer au-dessus des galets, l’été en pleine face, et l’appréhension des courbatures le lendemain au niveau des avant-bras, peu habitués à ce type d’effort en ce qui me concerne. En observant mes camarades de virée quitter leur kayak, secs ou presque, je me suis dit qu’il y avait peut-être une technique que je ne maîtrisais pas tout à fait. Jusqu’à la taille, j’étais trempé, la flaque stagnante à l’intérieur de ma banane flottante venant confirmer que j’avais sans doute été zélé dans le maniement des rames (entre le karaté et l’aviron je pense). L’attente des retardataires, avançant à une vitesse semblable à la mienne, sans trop forcer, corroborait cette lancinante impression : j’avais été plus bourrin que marin…

Photos : Olivier Pierson.

Vue de mon hôtel à Carleton. Une fin de journée inspirante et contemplative !

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