Road trip : rideau !

Les couleurs de la Gaspésie ont égayé ma longue route. 

Mon drapeau est en berne, mon cœur en deuil. Je ne pensais pas que le retour à Montréal serait aussi pénible. On aura beau dire, l’hospitalité québécoise n’est pas la même en ville qu’en région. À peine revenu dans le tumulte urbain et je constate qu’elle a même du plomb dans l’aile. Je suis redevenu un numéro dans cette métropole aux multiples facettes. Pour continuer à croire qu’il y fait bon vivre, il ne faut pas mettre les pieds dans l’AUTRE Québec. Trop tard… Durant 16 jours, je suis allé à la rencontre du Québec des marées et des bourrasques vissées à ses côtes sauvages et authentiques. J’avais du vent plein les cheveux et parfois du sel sur la peau. Quelle que soit ma position, je savais que le Saint-Laurent, ou la mer comme on l’appelle là-bas, restait à portée de narines, ou, du moins, à quelques encablures de mon imagination. On le devine toujours, derrière les épaisses forêts ou la courbe sensuelle d’une route qui achève de serpenter dans une immensité bleue. J’ai constaté que la beauté du fleuve protéiforme coïncidait avec la chaleur couvant dans chaque individu. J’ai jaugé chaque rencontre, sans avoir besoin d’une journée pour me faire une opinion. Dans l’ensemble, j’ai été gâté, parfois choyé, récoltant ici et là quelques présents que je ne me serais jamais permis de demander. Sans un itinéraire aussi chronométré, je serais resté attaché plus longtemps à l’amarre de mes différents points de chute, juste pour prendre le temps et mesurer encore davantage la chance que j’avais. Le voyage auquel j’ai pris part a été fidèle à mes espérances et confirmé mes envies de large. Homme d’une seule ville, je reste l’amant du vent qui me porte ici et là, osant parfois quelques infidélités avec ce Saint-Laurent rivalisant de puissance et de majesté. J’en sais désormais un peu plus sur ses secrets enfouis et son tempérament imprévisible.

Le voyage que je viens de vivre aura été aussi copieux que fantastique. L’heure est donc venue de tourner la page, en gardant toutes ces belles images dans un coin de ma tête.  Avant de baisser le rideau et de retrouver ma petite routine insidieuse, je veux clore ce beau chapitre avec quelques remerciements. Un grand merci donc :

– À la météo, qui m’a joué sa plus belle sonate sur les routes du Québec maritime. Soleil omniprésent, et au final trente petites  minutes de pluie, le jour où je suis allé « chasser » l’orignal sur le territoire des Chic-Chocs. Je ne pouvais pas rêver plus belle carte postale.

– À tous ces anonymes qui ont aiguillé ma route en répondant avec beaucoup de gentillesse à mes sollicitations de voyageur déboussolé. Comme je persiste à le dire, je ne connais pas meilleure carte routière que la parole. J’ai une langue, je m’en sers. Perdre son chemin est une excellente façon de partir à la rencontre des gens. C’est en tout cas un excellent prétexte !

– À toutes ces personnes qui ont éclairé ma lanterne avec leurs explications, à ceux qui m’ont touché en déployant tant de passion dans leurs apostolats. Aucune de ces rencontres ne fut du temps perdu, malgré un agenda très serré et des visites au pas de course. Je savais que les paysages du Québec maritime seraient du caviar pour mes pupilles gourmandes, mais je dois avouer que les échanges avec mes nombreux interlocuteurs auront été un excellent digestif. Ce périple m’aurait laissé un goût d’inachevé sans la contribution si précieuse de l’humain.

– Aux « sirènes » de Québec maritime, et en particulier Suzie, qui m’ont concocté un périple roboratif et exigeant, grâce auquel je dois des nuits d’une seule traite et des réveils douloureux (une seule grasse matinée, à 8h !)

– À David et Jean-Marie, qui m’ont aussi permis de vivre cette aventure merveilleuse en faisant appel à mes services. Vive Dijon !

– À mes amis de Rivière-du-Loup, ils se reconnaîtront, qui m’ont permis de conclure ce voyage comme il avait commencé : en beauté !

– Aux animaux du Québec, beaucoup moins farouches que leurs cousins français. Merci au porc-épics, aux orignaux, au loup de mer (le phoque gris prélassé comme une diva sur une plage de l’île Bonaventure), aux Fous de Bassant, aux baleines, aux yacks, et à cet écureuil sous ecstasy croisé dans le Bioparc de la Gaspésie. Que les moufettes et leurs glandes nauséabondes me pardonnent si je n’ai pas poussé plus en avant nos présentations.

– À vous, lecteurs, habitués ou nouveaux venus sur ce blog. La retranscription de mes impressions au jour le jour a rencontré un vif succès. J’espère vous avoir convaincus, et surtout convertis. Ce blog maritime n’était pas programmé au départ. Et puis un déclic, dès le premier jour. Je dois à cette envie soudaine des journées très longues et des soirées tardives. Mais ça en valait franchement la peine. Je ne pouvais pas garder égoïstement toutes ces belles choses en moi…

MoI.

Photos : Olivier Pierson.

Quoi de mieux qu’un beau coucher de soleil sur la Baie des Chaleurs pour clore ce merveilleux périple ?

 

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2 replies »

  1. Si c’était à refaire, le périple durerait-il plus longtemps?
    Je ne crois pas que la majorité des Québécois aient osé se rendre sur la Côte-Nord. Pourtant magnifique. La Gaspésie aussi reste méconnue, mais dans une moindre mesure.
    Merci d’avoir partagé vos impressions avec nous.

    J'aime

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