Mes jolies boucles

516929mouton8Je n’en suis pas encore arrivé à balancer ma tête au ralenti sous une cascade d’eau pour la pub d’un shampoing qui rend les cheveux plus soyeux et plus forts. Mais sur le fauteuil de ce salon de coiffure que je découvre pour la première fois, une remarque a failli changer ma vie. Après un massage en bonne et due forme de mon cuir chevelu, la coiffeuse s’est pâmée devant ma tignasse, en taquinant de son index quelques mèches émoustillées. « J’aime vos boucles ! », a-t-elle lâché. Devant ce compliment venu du cœur, du plus profond de sa sincérité, j’ai soudain eu l’impression que ma zone capillaire allait être cotée en bourse, ou être caressée par d’autres mains jalouses. En quelques fractions de secondes, mon être s’était résumé à une tête. Un peu léger pour revendiquer un super pouvoir…

D’habitude, les femmes ont des répliques plus stéréotypées sur les mâles, du genre « il a un beau cul, de beaux yeux », « il est musclé », « j’aime son humour », « mon Dieu qu’il est intelligent », « c’est un vrai cordon bleu, et en plus il fait la vaisselle », ou le toujours très efficace « il est membré  comme un âne ». Mais, moi, rien de tout ça. Non. Moi, j’ai de jolies boucles. Pas de quoi pavaner, je vous l’accorde. Mais visiblement, les cheveux ondulés et épais peuvent avoir des vertus aphrodisiaques.

Depuis quelque temps déjà, j’ai décidé de changer de look en faisant pousser ma crinière. Pendant des années, j’étais militaire sur les tempes et la nuque. Les peignes se suicidaient en constatant le résultat, les brosses se faisaient une raison. J’avais même une réplique fétiche quand la coiffeuse me demandait quelle coupe je souhaitais: « La tondeuse derrière et sur les côtés, et un peu plus long sur le dessus. » C’était presque devenu une citation…  Je fuyais comme la peste ces cheveux qui se gondolent en grandissant.

L’avantage avec ma nouvelle tête, c’est que ça tient chaud en hiver, particulièrement au Québec. Le désavantage, c’est le matin, devant la glace. Olivier n’est plus qu’un souvenir et je me retrouve nez à nez avec Michael Jackson, ou un de ses frères,  quand ils portaient des pattes d’eph et faisaient peur aux bourdons avec leur coupe « barbe à papa ». Bref, on dirait un lendemain de 14 juillet avec des pétards déchiquetés au pied de mes racines. Heureusement, pour venir à bout de ces désastres nucléo-capillaires, on a inventé le gel. C’est le verre de contact du cheveu, il fait illusion en dissimulant un complexe, il vous rend plus présentable, et même, parfois, plus fréquentable. Je serai éternellement reconnaissant à cette pâte collante et visqueuse qui assagit mon Amazonie. La forêt dense devient alors une mer un peu agitée, un dégradé de vagues. 

En attendant, j’ai de jolies boucles, c’est ma coiffeuse qui me l’a dit.

 
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