Noël en France : la maudite pluie

J’en ai marre. Je crois que mon titre est incomplet. J’aurais dû écrire « la pluie en Lorraine ». Un must, un refrain, une chieuse. Oui, c’est ça, une chieuse. Toujours en train de chialer sur nos épaules, nos pompes, toujours encline à s’incruster dans nos tissus les plus résistants. Si j’avais un mouchoir grand comme le ciel, j’essuierais d’un coup sec cette effrontée.

Depuis que je suis revenu en France, il pleut. Un peu, beaucoup, mais pas passionnément. Par intermittence mais avec une belle régularité dans cette irrégularité. J’avais oublié à quel point ma région natale était grise et humide. Pas un trou bleu dans le ciel, ou si peu. Parfois, magnanime, la pluie octroie un peu de répit, histoire de nous laisser sécher sur la corde à linge. Et puis elle renvoie la sauce. Elle nous fait mariner, au sens propre du terme, en nous laissant dans notre jus. Elle imbibe tout, nos vêtements et notre moral de Lorrains pourtant aguerris. C’est comme un robinet qui serait resté ouvert et qui se déverse sur nos têtes, en nous faisant courber l’échine. La posture favorite du Lorrain, c’est cette avancée contre les éléments, tête baissée et mine renfrognée. Les parapluies font ce qu’ils peuvent, limitent les dégâts sous le déluge ambiant. L’homme le plus puissant du monde ne pèse rien contre une malheureuse goutte de pluie. Elle tombe, nous plions.

Le plus dur, je crois, c’est l’humidité qui imprègne le froid. Au Québec, je traverse l’hiver sans le moindre impromptu. Ni crève, ni rhume, ni angine. En Lorraine, je prends un abonnement, un peu contraint et forcé. Mardi, ma gorge a commencé à me faire mal, et quelques courbatures ont hissé le drapeau blanc. La Lorraine est un incubateur à virus, un lieu où même un Québécois n’est pas à l’abri de quelques avaries. Je me souviens de l’un deux, qui tenait un chalet dédié aux produits du terroir de sa province au marché de Noël de Metz. Les premiers jours, il pétillait. Sa bonne humeur était contagieuse, et son bonnet semblait être un caprice de tsar, une incongruité dans la douceur (relative) du Nord-Est. Au fil des jours, son entrain s’est dégradé. Il a commencé à tousser, et des plaques rouges sont même apparues sur son visage. Il se décomposait sous les effets de notre climat robuste. La Lorraine, tu l’apprivoises… ou tu la quittes. Et si tu décides de l’apprivoiser, car elle est pleine de charme, achète un bon parapluie. Ici, on ne dit pas que ça peut toujours servir, mais que ça va toujours servir. Une nuance qui a toute son importance. Croyez moi sur parole.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s