Marie, mère porteuse

À l’heure où les débats sur la GPA (gestation pour autrui) agitent la société française, il serait de bon ton de rappeler à tous ces catholiques bien pensants (et aux autres m’a-t-on fait remarquer) que sans une mère porteuse, le Christ n’aurait jamais vu le jour ! Petit rappel pour ceux qui l’aurait oublié. Toutes ressemblances avec des personnages qui auraient réellement existé est totalement voulue. Que les ayatollahs de la religion (je ne généralise pas, loin de là, je fais référence aux pas drôles, quelle que soit leur allégeance) ne lisent pas ce qui suit, mais que tous ceux qui ont un peu d’humour et de second degré ne se privent pas pour continuer plus en avant…

fatima_04C’est l’histoire d’une femme que personne ne s’est tapée dans son village de Bethléem. Elle est, dit-on, belle comme un dieu.  Sa virginité est un autre sujet de conversation. Elle brûle les lèvres, et attire, dans le no man’s land des interrogations, une cohorte de mal en rut majeur. Elle est fiancée à Joseph, lointain ancêtre de Charles Ingalls dans La petite maison dans la prairie, version française de The little house in the big field of your mother fucker… Sauf que lui, il coupe du bois et il en fait de belles charpentes. Dans le village, ça jase pas mal et les habitants vont même jusqu’à se demander pourquoi ce bougre de Jo (les diminutifs existaient déjà à l’époque) n’a pas encore honoré sa dame, alors que la Galilée est en proie à une dénatalité inquiétante. Un apôtre, dont j’ai oublié le nom, racontera même plus tard que Joseph allait travailler avec des boules quiès, pour ne plus entendre ces commérages déplacés. Ces rumeurs nauséabondes allaient connaître, bien des siècles plus tard, un vif succès dans les villages congénitaux, où, pour combler le creux de leur vie insipide et terne, des gens – souvent plus de première jeunesse – allaient inventer toutes sortes d’histoires à partir de rien.

Poursuivons…

Un jour, il arriva ce qui devait arriver. On toque à la porte. Marie, en pleines ablutions, se demande qui peut bien venir à cette heure de la journée, puisqu’il est à peine 7 heures du mat’ Et là, devant elle, une armoire à glace translucide. Elle ne distingue pas trop sa silhouette. Aux légionnaires romains qui viendront l’interroger plus tard, elle livrera une description tellement farfelue de son agresseur que l’enquête sera close sur-le-champ, avec une petite tape sur les doigts pour la dissuader de fabuler à nouveau.

Sur le moment, elle croit rêver, mettant cette vision surréaliste sur le compte de cette soirée où, la veille, elle égrenait des chansons grivoises en compagnie de copines du village, toutes de fieffées salopes, puisqu’à l’époque, il était de bon ton de dire qu’une femme qui couchait avec un homme était une salope, ce qui deviendra un dogme dans le pays des fromages qui puent, la France, pour ceux qui ne sont pas adeptes des circonlocutions.

Donc, le mec se présente :

– Je suis l’Esprit-Saint.

À chaud, Marie, qui était, quoiqu’on en dise, une sacrée bout-en-train, a envie de lui répondre  :

– Et moi je suis la mère Michel qui a perdu sa chatte,

ce qui inspirera des siècles plus tard le standard que l’on connaît, la chatte devenant le chat pour des questions de bienséance. Au lieu de ça, elle le fait entrer dans son humble demeure (un F1 assez austère). Elle est seule, Joseph étant déjà parti suer dans son atelier underground. Loin de se démonter et de prendre des chemins de traverses, le visiteur lui explique abruptement la raison de sa venue.

– Mon patron a besoin d’une mère porteuse pour mettre au monde un génie qui va en mettre plein la vue au peuple. On a prévu des tours de magie et d’illusion, et même des morts revenus à la vie (nos fameux zombies) Ça va déchirer grave ! (c’est ce qu’il aurait dit d’après L’Évangile selon saint Balthazar du 9-3).

Puis il ajoute :

– Tout ça pour vous dire que vous avez été tirée au sort.

Elle :

– Ok, mais je fais quoi ?

Lui :

– Rien, et de toute façon, j’ai déjà fini.

Elle :

– Vache, j’ai rien senti (phrase qui deviendra un tube dans la bouche des femmes inassouvies). C’est donc ça l’amour ?

Claquement de porte, le VIP s’est déjà volatilisé, sans un merci ni un au revoir (attitude qui sera popularisée par une race d’hommes qui se fera baptiser goujats).

On connaît la suite : les miracles, la grosse beuverie le jour où il a changé l’eau en vin, l’avancée à la surface de l’eau (malgré les invitations appuyées de ses potes les apôtres, je cite « T’es con, elle est vachement bonne ! »)… et cette phrase célèbre, dont on s’évertue encore aujourd’hui à en comprendre la signification : aimez-vous les uns les autres. 

Donc, comme vous pouvez le constater, la Vierge Marie (qui me pardonnera ce petit délire, mais je suis convaincu qu’elle a de l’humour) fut la première mère porteuse de l’humanité. Il était de mon devoir de le rappeler… 🙂

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PS : Il me semble aussi que si on posait la question à Jésus ou à sa mère immaculée (je m’adresse aux croyants) en leur disant « Ce couple, qui ne peut pas avoir d’enfant, aimerait utiliser le ventre d’une autre pour fonder une famille, ils ne leur diraient pas non. Ou alors je n’ai rien compris à ce sacro-saint amour du prochain. Si cette fécondation par procuration peut combler la carence de leur foyer, et à partir du moment où elle est assumée, bien évidemment, en son âme et conscience par la principale intéressée, où est le problème ? Le bonheur, c’est un papa et une maman, mais aussi deux papas ou deux mamans, ou encore cette mère qui, même sans vous avoir senti dans son centre, vous fera oublier, par un amour sans faille dont elle vous inondera, celle qui vous a porté. CQFD.

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