Larme de fond

49079148dyn007-original-800-600-jpeg-2657979-4881a146f46b93ef8fc55dba6c9cd277-jpgC’est lourd à porter, une larme. Ça pèse des tonnes, ça dévale votre cerveau pour aller noyer votre cœur. Vous parlez d’un fardeau ! Aucun être humain n’est assez fort pour porter sur ses épaules cette obèse de la tristesse, qui grossit en se goinfrant de joies et de peines, qui assèche vos réserves en plantant sa paille dans vos veines, en aspirant si fort que l’océan de vos yeux se retire pour laisser place à un désert.

C’est beau à regarder, une larme. Elle surpasse les rayons X pour dévoiler au grand jour ce que vous cachez au plus profond de vous. Quand les trompettes de la souffrance résonnent, le mur des apparences s’écroule. Il n’y a pas meilleure vidange qu’une larme, lorsque sa mue salée vous ramène sur le plancher des humains, comme une remise à niveau qui s’imposait au pied de votre forteresse.

C’est dur à arrêter, une larme. Ça glisse sur la joue, ça fond sur le doigt. Elle trouve toujours une échappatoire, un interstice, pour dominer son géniteur. Les mouchoirs détestent les larmes, car elles les rendent moins sveltes. Quand une larme prend sa source, elle trouve toujours un coin pour déborder. Et quand elle fait son lit, elle débraille l’être humain, le déshabille sans mansuétude, dérange sa mise en pli. Finalement, la larme est l’avarie la plus tenace du corps, ce Titanic de pacotille. On ne colmate jamais vraiment ces fuites aux coins des yeux qui ont un goût salé et qui maquillent de rouge le blanc de l’œil.

Il ne faut jamais fermer la porte à une larme qui cogne. Elle finit toujours par entrer. 

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