Superman a enfin trouvé un successeur

Clark-Kent-Superman-Shirt-Gary-Frank1Je suis allé voir le nouveau Superman, réalisé par Zack Snyder, à qui l’on doit notamment 300 et Watchmen

Superman, c’est une partie de mon enfance, et je me fais toujours un devoir d’aller voir toute nouvelle production le concernant. Je le fais sans doute un peu par nostalgie. J’ai fait sa connaissance dans une salle de cinéma. J’avais six ans, et comme tous les enfants de mon âge, les super-héros devenaient souvent des modèles, voire des pères de substitution, ce qui était mon cas. Je rêvais d’avoir un papa musclé, qui pouvait voler à la vitesse de la lumière, courir plus vite qu’un train, et atteindre l’espace avec une facilité déconcertante, avec vue imprenable sur notre belle Planète Bleue. Je mourais d’envie de pouvoir dire à un de mes copains : « Eh ben mon papa, il est plus fort que le tien. » Je l’enviais, ce mec baraqué, et il m’arrivait, la nuit tombée, d’entendre sa longue cape rouge claquer dans mes songes étoilés…

Étant resté un grand enfant, je n’ai pas pu me résoudre à couper les ponts avec cet être surhumain, enfanté sur la planète Krypton. Lors du premier épisode, je me souviens encore de cette silhouette découpée dans du carton, qui avait été fixée sur un des murs de la salle obscure, dominant le public dans cette posture qui a rendu célèbre le personnage, à savoir jambes écartés et les deux poings posés sur les hanches. Cette image me fascinait, et durant toute la saga, elle aimantait mon regard de môme. C’était l’époque où les cinémas n’étaient pas des supermarchés, et où une personne se faufilait entre les rangées de sièges pour proposer des friandises et des glaces. Soupirs…

Lorsqu’ils ont ressuscité Superman en 2006, je me suis frotté les mains de satisfaction. Avec la technologie actuelle, je m’attendais à un feu d’artifice, à un retour tonitruant, avec tambour et trompettes dans ma tête. Il n’en fut rien. Bryan Singer (Usual Suspects, X-Men) avait lamentablement échoué. Peut-être à cause de ce côté trop lisse qui avait fini par abîmer la carrure du super-héros. Faut dire que depuis les Batman réinventés par Christopher Nolan, ces surdoués d’un nouveau genre ont tendance à devenir plus complexes, et c’est tant mieux. On aime leur côté obscur et leurs failles, et parfois cette noirceur qui renforce leur charisme en écornant leur trop belle image… 

movies-man-of-steel-henry-cavill-supermanJe dois avouer que Zack Snyder a rempli son contrat, et nul doute que ce film à gros déploiement séduira en premier lieu la gent masculine, et les amateurs purs et durs dont je me revendique. Car il faut le prendre pour ce qu’il est : un excellent divertissement, qui semblera peut-être long (2h30 environ) à ceux qui s’attendaient à un déluge d’action. Il faut aussi saluer la performance de Henry Cavill, l’acteur à qui a échu ce rôle casse-gueule il faut l’avouer. Sa ressemblance avec le regretté Christopher Reeve – qui reste à mes yeux l’incarnation de Superman – est assez frappante, et quelques séquences de L’homme d’acier (le titre du film au Québec) font presque croire que ce dernier est revenu d’entre les morts, ce qui aurait été une formalité si son double fictif lui avait évité de finir tétraplégique. 

Le réalisateur, qui a préféré les flashbacks à un récit linéaire, a rendu une copie parfaite sur le plan visuel. De ce point de vue, admettons sans mentir que cet opus vitaminé, un peu moins dépensier que le précédent (230 millions de dollars tout de même), laisse à bonne distance son prédécesseur, et sème carrément les quatre films mettant en vedette Christopher Reeve. Si vous avez besoin d’une image, disons que ça me fait penser à la comparaison des matches de football des années 80 versus les joutes contemporaines.  Avec cette impression que les joueurs d’avant jouaient au ralenti (et ça marche avec beaucoup de sports). Les sportifs d’alors nous semblaient plus humains, quand ceux d’aujourd’hui ont l’air de gladiateurs fécondés dans des œufs d’Olympe (celle-là, elle est pour moi). C’est un fait : les premiers Superman ont terriblement vieilli, desservis par des effets spéciaux qui ne peuvent pas rivaliser avec ceux du 21e siècle. Ça fait mal au bide de le dire, mais oui, l’originel Christopher Reeve fait un peu pâle figure depuis que son remplaçant et ténébreux Henry Cavill s’est imposé dans le décor.

L’écart est net dans les airs : le Superman 2013 vole plus vite, on frôle la télé-portation et mieux vaut être attentif et ne pas cligner des yeux (des allumettes seront très utiles). Quant aux combats épiques opposant Superman à ses compatriotes kryptoniens, ils sont d’une efficacité assez renversante. Leurs duels surnaturels confirment que des mots comme tact ou consensus, ou encore diplomatie, n’appartiennent pas à leur vocabulaire. Quand ils cognent, ils cognent, et leur force sans équivalent fait pas mal de dégâts dans leur environnement, détruisant au passage les belles infrastructures que ces misérables humains ont mis des années à bâtir. Oui, le super-héros est bourrin.  Petite parenthèse : le petit cataclysme secouant Manhattan (le mot est faible) démontre avec acuité que les Américains n’en ont pas fini avec leurs démons du 11-Septembre, certaines séquences rappelant étrangement cette page sombre de leur histoire et de l’humanité, partant du constat (dépité, certes) que les États-Unis sont l’humanité, et que leurs morts sont plus médiatiques que le reste de la planète… 😉

dc_comics_superman_christopher_reeve_desktop_1024x768_wallpaper-1073650Chose certaine : je ne serais sans doute pas le seul à remercier le réalisateur d’avoir eu la bonne idée de relooker la célèbre tenue de Clark Kent (pas Gable). Fini le slip enfilé par dessus le pantalon. Enfin pantalon, c’est un grand mot ! C’est vrai quoi : l’ancienne version de Superman faisait un peu rire sous cape (celle-là aussi, elle est pour moi) avec ses collants. Avouons que pour sauver la Terre et impressionner ses adversaires, c’est un peu léger, sauf si l’ennemi a pris danse classique en option au Baccalauréat. À l’instar des récents Batman, on a droit à une esthétique plus moderne, à l’image de ce S moins cartoon sur le buste (exit le jaune d’œuf, ouf !), lequel ne signifie plus Superman, mais Espoir. D’où ce commentaire : et si le talon d’Achille de notre protecteur vénéré était l’orthographe ? Oui, monsieur je sauve les humains, le mot espoir , ça commence pas un E. Prends ça dans ta face… Exit aussi la ceinture ringarde qui maintenait le sac à couilles. La cape est aussi plus longue, ce qui ne le fait pas pour autant voler plus haut…

Je suis ressorti rassuré de ma séance de ciné, à un bémol près, et de taille. Il concerne la musique. Plus de trace de la légendaire trame sonore signée John Williams. Même pas un clin d’œil, nada. Grave erreur ! Car pour moi, Superman restera lié à jamais à cette bande son allant crescendo, où les cuivres vous faisaient monter au ciel dans un fracas de notes. Ça aussi, c’est un souvenir murmuré par mon enfance. Mon gamin intérieur vous le dira mieux que moi : Superman sans sa super musique, c’est un héros qui a perdu un peu de sa superbe.

Une anecdote pour terminer, et qui prouve à quel point l’homme à la cape rouge a imprégné les consciences.. Arrivé à la caisse, j’ai demandé un billet pour Superman, alors que ce n’est pas le titre du film. Je me suis fait cette réflexion tout en constatant que d’autres spectateurs avaient eu le même réflexe. Ça doit être ça, un super fan…

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