Recherché jaune et vif

28 juin 2013.

Je vais vous parler météo. On se calme…

Oui, il pleut, et c’est même le sujet préféré de Facebook, où la météo permet de combler bien des vies et des vides. Si je décide de me confier avec tant d’empressement, alors que la fenêtre ouverte de mon salon m’autorise à penser que l’automne est un peu en avance, c’est parce que le ciel nous est tombé sur la tête. Pour utiliser une expression triviale et fort imagée de mon pays la France, deux points ouvrez les guillemets : il pleut comme vache qui pisse (il pleut à siau pour la version québécoise).

Quand je pense que l’an passé à la même époque, je chevauchais mon fidèle vélo, toujours trépidant malgré son arthrose des freins et ses vitesses asthmatiques. La pluie était épisodique, pour ne pas dire une rumeur (il a plu, vous êtes sûr ? Prenez cette  Bible et dites ”je le jure”…) Je fonçais dans la ville, crinière au vent et quelques moustiques sur les dents. Il faisait beau, il faisait chaud, nous sentions bon le sable chaud (les amateurs de Gainsbourg comprendront). On pouvait boire un verre en terrasse, regarder passer les filles et deviner leur parfum de vestales ou de grosses nymphomanes… Le soir, on maugréait contre la canicule persistante, gobant les quelques particules de fraîcheur comme un poisson luttant pour sa survie hors de son bocal. Les plus chanceux s’en remettaient à leur climatisation. Les autres, comme moi, faisaient tourner à plein régime leur ventilateur, profitant de cet air béni pour effectuer quelques allers-retours en planche à voile sur un lit tourmenté par les vagues de sueur (si avec ça j’ai pas le prix Goncourt). Bref, c’était cool Montréal en 2012.

Force est de constater que 2013, c’est la baise (je suis un poète dans l’âme). Pour me consoler, je pense à l’Alberta, aux prises avec des inondations historiques, ou au Sud-Ouest de la France, où aucun miracle n’a sauvé Lourdes des pluies torrentielles. Au début, je veux dire au mois de mai, quand le beau temps était encore de notre côté, je taquinais gentiment mes amis français, humides et transis de froid, enfin je veux dire ceux qui habitent la Lorraine, où le parapluie est aussi sacré que les vaches en Inde.

Depuis le mois de juin, le Québec fait grise mine, et je parle pas des scandales de corruption et de collusion qui minent la crédibilité, déjà vacillante, des élus. Je parle de ce ciel fermé à double tour, qui répand partout sa morosité. Mon vélo croupit sur mon balcon, l’ossature perlée de gouttes qui ne présagent rien de bon. Je passe devant lui sans le regarder. Aujourd’hui, vendredi 28 juin, j’ai constaté qu’il me manquait un parapluie, lorsque j’ai dû utiliser mon journal comme un modeste succédané. J’avoue : j’avais l’air con. Sous les trombes d’eau, il a vite rendu l’âme, perdant un peu de sa rigueur sous les assauts de ces p… de gouttes, lesquelles m’ont paru étonnamment grosses (sans doute une hallucination due à mon désarroi passager). Je suis arrivé chez moi trempé, et un peu plus lourd, forcément. Et pour corser le tout, comme si notre moral ne sentait pas suffisamment les chaussettes, les températures sont aussi au diapason, les salopes ! (pardon, je suis encore convalescent et tiède, alors que mon pantalon sèche paisiblement sur une chaise).

Je pense bientôt aller me faire chauffer un peu de lait pour un agréable et salutaire bol de chocolat, après quoi je partirai en quête d’un beau sapin de Noël. Si ça se trouve, dans 100 ans, on déballera les cadeaux en juin. Et voilà que je délire. Et dire qu’en juillet je fais escale en France, et notamment en Normandie, laquelle, à l’instar de la Bretagne, ne me garantit pas des vacances ensoleillées. Pas grave, d’ici là, je l’aurai, mon parapluie.

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