Le meilleur et le rire

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Le beau carrosse des mariés, une DS Palace datant de 1972…

Les mariages sont toujours des moments forts. C’est souvent le temps des retrouvailles, des rires, des menus roboratifs et des enfants qui courent partout. On se costumise, on ajuste sa cravate avec une application d’orfèvre, on lace son plus beau sourire, bref, on dépoussière sa petite routine. Il fait beau dans les cœurs, les verres, les assiettes. La mariée est belle, toujours. C’est presque un leitmotiv. Même fagotée comme une meringue, même boursoufflée par une robe disgracieuse. Ce n’est pas pour rien que le curé dit « Pour le meilleur et pour le pire ». Il anticipe certaines fautes de goût, il compatit à sa manière. Dans ces moments-là, on communie comme un seul homme, et l’on a envie de crier un AMEN ! bien senti pour confirmer l’évidence : s’il l’épouse dans cette robe, c’est qu’il doit vraiment en être amoureux. On est en revanche moins loquace sur l’apparence du marié. Il faut dire que la version masculine fait généralement dans le classique, même si les incidents ne sont pas, là aussi, à exclure, certains confondant noces et carnaval. Et puis c’est moins tape-à-l’œil, un condamné, euh, un marié (je les confonds toujours).

Je dois avouer que la robe de ma sœur combinait agréablement l’élégance et la modernité. Pas de voile mortuaire sur la face, et encore moins de traîne de 400 mètres de long qui fait aussi office de ramasse-poussière. Non, simple, classe, d’une efficacité contagieuse. Il faut dire que jusqu’au bout la tenue était restée secrète, et j’ai bien cru, devant tant de mystère savamment orchestré, que nous allions être éblouis par sa grâce, sourire éclatant achevant de nous porter l’estocade et bijoux scintillants nécessitant le port de lunettes de soleil. Bref, ma sœur resplendissait, elle était belle sans avoir l’air d’être sortie tout droit de la cuisse de la reine d’Angleterre, qui s’échine à maintenir le mauvais goût vestimentaire en modèle. Gode ceinture save the Queen…. Mon beauf était lui aussi à son avantage, mais personne n’aurait compris qu’il débarque à la mairie avec une chemise hawaïenne, des sandales de centurion romain, et un maillot de bain comprimant ses roubignolles. 

photo-3Avec le recul, je me dis qu’ils avaient placé la barre très haute. « Ça nous a coûté un rein », m’a confié ma sœur alors que je m’extasiais devant la superficie, la localisation, les tonnes de coke (ah non ça c’était ailleurs) et l’opulence du domaine où la fête s’est emballée. Un ancien corps de ferme situé près d’Évreux, cerné de champs de blé, très cosy, avec piscine, Spa, salles massage et différentes formules de logement, dont des chalets équipés tout confort, où mes parents eurent le bonheur de séjourner. J’ai failli aller piquer une tête dans ladite piscine, en compagnie d’autres noceurs, mais à 20 euros l’entrée, je suis allé faire quelques brasses dans la douche du dortoir que nous avons rempli avec nos délires d’éternels ados, flatulences et ronflements en prime. 

Même le temps avait décidé d’être magnanime, malgré un ciel incertain et parfois menaçant. Un temps de Normandie, le cul entre deux météos, avec pluies intermittentes et nuages cyclothymiques. Une fois dedans, une fois dehors : vive le boogie-woogie de l’Ouest ! 

Je me suis demandé si ces noces, excellentes de bout en bout, n’étaient pas bénies des dieux, quand un orage monumental s’abattit dans la région, malmenant l’électricité, ce qui sema notamment une belle pagaille dans un autre mariage. Mais pas nous. Nous, on jubilait, avec cette perfection recouvrant la soirée de sa chape protectrice. Nous étions comme dans un cocon, les avis, unanimes, partageant ce sentiment fédérateur et rassurant. Rien pour se mettre un accroc sous la dent. Un DJ étourdissant les convives avec ses numéros de magie, des cascades de champagne, une piste de danse constamment garnie… La soirée allait bon train, et les numéros – incluant quelques surprises, dont l’auteur de ces lignes vêtu d’un collant et coiffé de cornes pour reprendre l’incontournable Salsa du démon – s’enchaînaient avec un naturel vivifiant. Les rires étaient nombreux et constants, et les enfants, loin d’être des parias, s’étaient rués sur le buffet à crêpes et celui des friandises qui leur étaient spécialement dédiés pendant le vin d’honneur, tandis que leurs aînés se massaient, avec le même entrain, autour des  îlots à huîtres et de foie gras poêlé…

photo-2Si je l’avais pu, j’aurais ajouté une 4e étoile à ce mariage hors normes, qui transpirait le bonheur et la décontraction, et qui célébrait l’instant présent avec une belle énergie. Je me souviendrai longtemps de ces macarons exquis qui ont adouci nos cafés corsés, avec une mention spéciale pour celui à la pistache, dont beaucoup parlèrent le lendemain. Car il y eut un lendemain, avec brunch le matin – et les viennoiseries encore tièdes déposées par un boulanger du coin – et buffet salé à midi, ponctué par une saga de desserts à vous mettre l’estomac de guingois. 

Le départ fut difficile. Il est toujours pénible de quitter le ventre douillet de la satisfaction. Ce fut un mariage extraordinaire, n’ayons pas peur des mots. Il fut digne du bonheur que Virginie et Christophe nous ont offert ce jour-là sur un plateau d’argent, avec son cocktail de pupilles vitreuses pour emballer le tout. Je leur souhaite de prolonger cette magie dans les coulisses de leur vie de tous les jours…

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Bien entouré et avec un costume, fait rarissime chez moi !

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