Le rose et le noir

33089465351dc3f4c3e808Le 50e anniversaire de la mort d’Édith Piaf a inspiré Patrick Mahé, déjà auteur d’un livre sur son idylle avec Marcel Cerdan. Il publie ce mercredi 4 septembre Piaf un chant d’amour, aux Éditions Hoëbeke. Illustré par Philippe Lorin, l’ouvrage retrace les grands chapitres de la vie bouleversante et singulière de cette enfant de la balle.

Il y a des artistes qui ne meurent jamais vraiment. Ils imprègnent de leur aura la mémoire collective, et colonisent les générations en transmettant le virus de leurs chansons sacrées. Piaf était de cette graine de légendes. Ce petit bout de femme, dont le physique jurait avec les gravures de mode, a tout emporté sur son passage. Les hommes, qu’elle collectionnera, souvent avec une passion incandescente, et le public, suspendu à ses chansons réalistes… Cinquantième anniversaire de sa mort oblige – le 10 octobre 1963 plus exactement, à seulement 47 ans – les hommages vont se succéder et les ouvrages sur sa vie fleurir sur les bacs à littérature. L’un deux, écrit par Patrick Mahé et illustré par une vieille connaissance, Philippe Lorin, mérite le détour.

Trente ans après Piaf-Cerdan, un hymne à l’amour, co-écrit avec Dominique Grimault, l’ancien rédacteur en chef de Paris Match se penche à nouveau sur le destin hors norme de celle que Louis Leplée, patron d’un cabaret sur les Champs-Elysées, baptisera un jour Piaf. « J’ai toujours été habité par elle, pour le côté réaliste de son destin et les mystères qui l’entourent », confie-t-il. J’ai pu consulter en exclusivité cet ouvrage, intitulé Piaf un chant d’amour (aux Éditions Hoëbeke), qui paraîtra en France le 4 septembre, et que l’on pourra bien évidemment se procurer au Québec, où la Môme se produisit en 1948 avec les Compagnons de la chanson. Aucune photo ne figure dans ce livre agréable à lire, qui s’attarde sur quelques chapitres marquants de sa vie tumultueuse. Un choix judicieux, le trait délicat et les aquarelles de Lorin parvenant à retranscrire, non sans poésie, les atmosphères de l’époque. « L’aquarelle permet, par petites touches, de faire partager plus d’émotion que la photo », estime Patrick Mahé. De l’émotion, ce livre en est parfumé, ce qui n’est guère étonnant quand on connaît un peu la vie de la petite Edith Gassion, qui côtoiera les bas-fonds avant d’enlacer la gloire, son apothéose au Carnegie Hall de New York, l’Olympia américain – où elle recevra une standing ovation de sept minutes, en 1956 – consacrant son parcours étoilé. Entre sa naissance misérable, au 72 rue de Belleville à Paris, et sa mort tout aussi tragique, l’Eglise lui refusant des obsèques religieuses à cause de sa vie sentimentale mouvementée, sa vie a des allures de montagnes russes. Rarement une artiste aura symbolisé autant l’espoir et la désillusion, le bonheur et le malheur. Groggy par les coups du sort ou transcendée par un amour balbutiant (il faut lire les lettres volcaniques qu’elle écrivit au cycliste « Toto » Gérardin), cette enfant de la balle ne laisse personne indifférent. « Elle est présente parmi nous », résume l’auteur en faisant référence à son répertoire envoûtant.

Piaf un chant d’amour est un conte teinté de rose et de noir (deux couleurs indissociables de cette grande dame), divisé en 16 chapitres qui permettent de mieux comprendre la chanteuse et son époque, à commencer par les épisodes célèbres que furent sa rencontre avec Marcel Cerdan, dont la mort brutale la fera basculer dans l’ésotérisme, ou avec Raymond Asso, ce parolier doué qui fera décoller sa carrière. « Il la modèle, la façonne, l’éduque et lui compose un répertoire qui lui fait gravir en accéléré les échelons de la gloire », écrit Patrick Mahé. Pygmalion, mère à jamais en deuil (son unique fille, Marcelle, est morte d’une méningite à l’âge de 2 ans), et femme passionnée, « l’ange noir de la chanson », comme disait Cocteau, trouve, à travers ce chant d’amour qui lui est adressé par deux de ses admirateurs, une nouvelle façon de briller. 

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