Eux et les autres…

Jeudi matin, le 19 septembre… C’est un mélange de colère et d’amusement qui me pousse à écrire. Ma journée a bien commencé : à 8h30, j’étais au téléphone avec la chargée de com’ d’un chef d’orchestre. Par élégance, je tairais l’identité des protagonistes. Mais ce qui va suivre témoigne à mon avis d’un certain mépris, en tout cas d’une très haute et exécrable opinion de soi-même. C’est aussi une nouvelle fois la preuve qu’il y deux monde sur cette Terre. Je vous la fais courte, en faisant l’économie du ton acrimonieux qui a animé nos échanges. Vifs, mais courtois. Pas de « fils de pute, je vais niquer ta race et manger ta mère », et autres amabilités de ce genre. Bref. 

Toujours est-il qu’une entrevue téléphonique devait avoir lieu avec cette personnalité d’un microcosme guindé et bobo, mais qu’elle n’a pas pu avoir lieu. Du coup, j’ai proposé à son factotum de lui envoyer les questions par mail, en lui précisant le nombre de signes à ne pas dépasser. Et c’est là que ça devient drôle. Voici sa réaction, sur un ton légèrement hautain :

« Ça ne vas pas être possible, monsieur X ne maîtrise pas l’informatique.  Monsieur X est un artiste, c’est un chef d’orchestre... »

Le rapport ? Il n’y en a pas. Ceci dit, toutes les chargées de com’ n’idolâtrent pas à ce point leur supérieur ! Je vous jure : j’ai cru qu’on parlait du bon Dieu, ou d’un être supérieur m’éclaboussant de sa lumière (merde, mes pompes) Voilà donc cette culture que j’abhorre, hautaine, ridicule et risible, qui comble ses vides avec des mines compassées et des maintiens gourmés. Je parle de cette culture aseptisée, avec ses regards torves et ses tenues de gala. Loin de moi l’idée de généraliser. Les représentants de cette caste se croient au-dessus de tout et de tous, et prennent des jumelles quand ils vous regardent de haut. 

Comment ne pas rire, grincer des dents, et accessoirement se demander dans quel monde ils vivent quand on entend ce genre de propos ridicules ? J’en déduis qu’il doit y avoir des tas d’autres choses qui sont interdites à cette figure de proue de la musique classique, en raison de son statut léonin. On peut le décliner de plein de façons :

 

  • Quoi la vaisselle ? Mais vous n’y pensez pas, monsieur X est un artiste ! 
  • Comment ça faire pipi tout seul ? Mais monsieur est un artiste ! 

Etc.

Sachez, madame, qu’on peut être chef d’orchestre et utiliser un ordinateur, répondre au téléphone, etc. Leur fonction, quoique louable et noble, ne fait pas d’eux des dieux. J’ajouterai, en prenant plaisir à paraphraser cette personne dont j’ai oublié le nom, que nous avons, lui et moi, le même trou du cul. Et pour ne pas vous faire défaillir devant tant de vulgarité, ce qui alimentera vos discussions sirupeuses sur cette plèbe des « pas comme vous », laissez-moi ajouter que le mépris dont vous êtes l’ambassadrice, avec cet argument absurde qui neutralise son effet et le rend comique,  est une piteuse maladresse. En tout cas, j’ose espérer que ce n’est pas un mal plus profond. Auquel cas, je ne peux rien faire pour vous, à part vous plaindre…

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s