Orgasme d’un soir…

 

Vendredi 22 novembre 2013.

Suis affalé dans mon canapé, en train de regarder un reportage d’Envoyé spécial. Soudain, un bruit suspect. Je décide de couper le son pour en avoir le cœur net. C’est bien ce que je craignais : mes voisins du dessous sont en train de baiser. Dans ce cas précis : un gars et une fille. 

Je perçois quelques gémissements, irréguliers. Ça suffit pour aiguiser mon attention. Les frais d’inscription élevés des écoles de commerce en France attendront. Car il y a une femme qui va pas tarder à jouir. D’habitude, ça me gêne ce genre d’intrusion. Je ne sais pas pourquoi. La nostalgie, peut-être… Mais pas là. J’entends un râle feutré, il me parvient par bribes, mais cela suffit à me faire tomber les deux oreilles sur le plancher (c’est une image bien sûr). Si je maintiens ma position trop longtemps, la tête inclinée vers le sol, je vais finir par avoir un torticolis.

Au début, j’ai pensé que mon voisin regardait un film porno. C’est son droit le plus profond (sans mauvais jeu de mot). Sauf que dans ce genre de fiction flirtant avec la réalité crue, les films trois X – comme on dit au Québec, ce qui m’a toujours fait sourire (il me semble qu’un X suffirait) – il est rare que les protagonistes papotent après leur partie de jambes en l’air, et se prennent même à rire comme deux ados venant de faire une grosse bêtise à l’abri des regards. Non, dans les films de boule, comme on dit en France, le mec passe à la suivante ou en remet une couche, si je puis dire. Il faut se rendre à l’évidence : les acteurs porno sont des surhommes dotés d’un sexe transgénique. Des staqueuenovistes qui bandent sur commande. Même après avoir éjaculé, avec une force qui classe leur semence dans la catégorie du triple saut, ils restent frais comme des gardons, la salle des machines en surchauffe et le prépuce en feu, là où un individu normalement constitué (au hasard moi) est soudainement victime de léthargie, avec somnolence accrue et risque de ronflement. Comme dit Caliméro, c’est vraiment pas juste.

Donc, mes voisins forniquaient. Ça n’a pas duré longtemps. La fille a fini par crier, ce que j’ai considéré comme un orgasme. C’est à ce moment-là que je suis tombé par terre, ma position oblique, à mi-chemin entre le canapé et le plancher, devenant difficilement tenable, quoique intéressante pour travailler ses abdos. Une idée saugrenue m’a alors traversé l’esprit : et si j’allais cogner à leur porte pour leur suggérer un jeu qui consiste à échanger sa partenaire ? Faute de copine ou de poupée gonflable à portée de mains, j’aurais toujours pu appeler à l’aide une amie, et vérifier, au passage, son degré d’affection à mon égard en la suppliant d’accepter de jouer la partenaire que j’aurais pu troquer contre une autre paire de fesses encore tièdes.

J’ai finalement, et très vite, repris mes esprits, revenant dans le monde implacable de la logique. J’ai remis le son, appuyé sur le bouton play de ma télécommande, et mon vendredi soir a repris son chemin tranquille. J’avoue : les écoles de commerce, c’est moins excitant.

Conclusion : l’orgasme fait un bien fou, sauf quand ce n’est pas le vôtre !

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