« Bifler » la poésie

J’ai appris un mot aujourd’hui, et pas n’importe lequel. Il n’est jamais trop tard. Des mots, on en apprivoise tous les jours et à tous les âges. La langue évolue, et le vocabulaire avec. Mais certaines trouvailles ou inventions sont plus délicieuses que d’autres. Le mot dont je veux vous parler m’a été transmis par un ami, via une vidéo où l’on voyait une dame assez austère qui s’offusquait d’un bizutage pour le moins original. Le rite pointé du doigt consistait à gifler une fille avec sa bite. « Pas très convivial comme accueil », faisait-elle remarquer, à juste titre il est vrai, avec une expression sur le visage qui ne prêtait guère à la gaudriole. Passons.

Revenons à ce mot qui fait tant jaser et qu’on accole à la génération Youporn, dont je ne fais pas partie (ma mère lisant ce blog, je me dois d’être irréprochable). Comme vous l’avez peut-être compris, il s’agit de la contraction des mots « bite » et « gifle ». Donc, si vous aimez la poésie et les bonnes manières, vous allez être déçus. Inutile de préciser que la délicatesse ne fait partie du programme. Il va sans dire qu’un sexe en érection est un préalable, dans un souci d’efficacité et de persuasion. Les êtres bien montés veilleront à prendre un peu de recul pour accentuer leur effet. Si vous êtes hors catégorie – je parle de ces extraterrestres dotés d’un organe défiant la logique, aussi appelé 3e jambe dans la fange des poètes disparus – il faut impérativement mettre un casque à votre compagne, pour des questions évidentes de sécurité.

Quoi qu’il en soit, et sans vouloir passer pour un rétrograde du cul, rien que l’image de mon sexe turgescent martelant le visage d’une petite-copine éventuelle provoque chez moi une irrésistible envie de rire. À la limite, sur les fesses, c’est de bonne guerre. Bon, je sais, quand on est emporté par l’excitation, on se croit tout permis, on redevient un singe Bonobo, on profère des insanités, bref, on se “cromagnonise“ ! Malgré ce Hulk pervers qui nous habite, je reste dubitatif (consonance tendancieuse), en tout cas circonspect (pas terrible non plus celui-là) sur la portée jouissive de cette méthode flattant nos instincts les plus primaires. Et puis l’élégance qui guide mes pas m’interdit toute déviance de ce genre, que les mauvaises langues attribueront au clergé, ce que je ne peux que condamner puisque je compte quelques amis curés qui ont d’autres vices, mais pas celui-là.

Je ne peux m’empêcher d’imaginer – et je m’adresse ici aux cinéphiles – la fameuse scène de la gifle dans le film du même nom, avec Lino Ventura et une Isabelle Adjani toute jeune, revue et corrigée selon les comportements sexuels en vigueur. Mais là on n’est pas loin du crime de baise-majesté…

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