Décalage thermique

Ça pique.

Oui, le froid, ça pique. Particulièrement au Québec. Après un mois passé en France, j’avais oublié sa fraîcheur brutale. Faut dire que dans mon pays, le thermomètre affichait de drôles de températures pour un mois de décembre et de janvier. Niveau manteau, j’avais prévu du lourd, au cas où, j’étais paré à affronter l’humidité lorraine, qui pénètre tout, même votre intimité. Y a pas pire que cette humidité moite pour fendre l’armure de votre défense immunitaire. On a même aperçu des globules blancs avec une écharpe et un bonnet, c’est dire la rudesse de cette région que tant de Québécois situent en Alsace, ce qui met mon affection légendaire envers ce peuple à rude épreuve. 🙂

Arrivé sur le sol de mon pays chéri, j’ai dû me rendre à l’évidence : il faisait doux, trop. Un temps à faire éclore des bourgeons sur un arbre pubère, un temps à se demander quelle mouche avait piqué Dame météo. J’ai même eu droit à une belle rasade de soleil, moi qui ne l’avait quasiment pas vu la fois précédente, pendant l’hiver 2012-2013. Oui, la Lorraine était méconnaissable ! Et pendant ce temps, je découvrais sur internet que le Québec grelottait. J’ai même lu – 37 un jour, alors que je sirotais un café en tongues et en slibard sur la terrasse d’un café où des filles aux seins nus se crêpaient le chignon dans une piscine de gélatine, encouragées par des mâles n’ayant trouvé que ce moyen un tantinet trivial et sexiste pour occuper leur oisiveté (j’exagère un peu pour accentuer le contraste, le combat de filles dénudées dans une piscine de gélatine procédant d’un vieux fantasme).

De retour à Montréal, je ne suis dit qu’en quittant l’aéroport, j’allais prendre en pleine gueule cette claque polaire qui fait le charme et l’authenticité de la Belle Province. Quelle ne fut pas ma déception lorsque le commandant de bord annonça un maigrichon 3 degrés, ce qui me plongea dans une profonde dépression. Et comme si cette triste nouvelle ne suffisait pas, on nous portait le coup fatal avec de la pluie et de la brume. Autant vous dire que sur le moment, j’ai cru qu’on avait dû rebrousser chemin et atterrir d’urgence à Louvigny, pseudo aéroport coincé entre Metz et Nancy.

Pour info – et ça changera de tous ces clichés qu’on véhicule sur le Québec – il peut faire doux en janvier chez nos cousins. C’est même une constante à cette période de l’année. On pourrait appeler ça l’hiver indien ou l’été Inuit. Un brusque changement de temps qui fait fondre la neige, liquéfie la ville et dégueulasse vos pompes et votre moral, car Montréal sous la flotte en janvier, quand la neige a les flocons encrassés, c’est pas joli à voir…

Rassurez-vous, cette accalmie n’aura duré qu’une petite semaine. À l’heure où je vous parle, il est 23h15 et il fait – 27. Cette nuit, je vais dormir avec trois manteaux sous mes dix couettes (non je blague, je dis ça pour ma mère, qui pense que j’habite un igloo). Cet après-midi, au plus fort de la douceur, il a fait – 19. À la radio, ils ont annoncé une bonne nouvelle pour demain : nous allons gagner deux degrés : – 17. Youpi ! J’ai dû aller faire mes courses ce matin avec cette température apparentée à de la torture. J’en ai conclu que l’extrême froideur allongeait les distances. Car d’habitude, il me semble que je rallie assez rapidement le supermarché. Je n’en tire aucune gloire, j’habite à dix minutes.  À – 20 et des poussières, c’est pas pareil, vous pouvez me croire ! Et à – 20 et des poussières, on maudit ce feu pour piétons qui passe au rouge, alors que dans votre tête, la position statique équivaut à un arrêt de mort ou une congélation immédiate, ce qui conduit à la même conclusion. Pourtant, le ciel est radieux, le soleil vous en met plein la vue. Mais il fait frette, horriblement frette. En revanche, pour ceux qui ont le nez qui coule, ça règle très vite le problème.

On relativise comme on peut.

 

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