Revu et corrigé

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Ceci n’est pas une voiture québécoise.

Les mythes sur l’hiver québécois…

J’ai écrit un petit article sur ce sujet récemment. Du coup, j’ai eu envie d’en toucher deux mots sur mon blog.

Ah, les clichés ! Eux et moi, on n’est pas vraiment copains. Je fustige tout autant ceux qui affligent le Québec que la France. Car les Québécois ne sont pas exempts d’idées reçues. Le pire, c’est cette sensation désagréable que procure celui qui prétend tout connaître d’un pays après y avoir passé 15 jours de vacances, ou avoir entendu dire que… Il n’y a pas plus agaçant que les on-dit. Certes, il y a toujours une part de vérité dans les clichés, mais le « un peu » ne doit pas devenir la règle. Ça marche dans les deux sens, bien évidemment. J’en profite au passage pour inviter les cousins qui se cabrent devant chaque cliché dont ils sont les sujets, à faire preuve un peu d’auto-critique, et donc d’intelligence, en se penchant sur leurs propres raccourcis… ou à piétiner un des leurs qui se ferait la caisse de résonance de poncifs en tout genre ! 🙂

Mais revenons à cet hiver québécois qui a tant inspiré la chaîne de télévision française TF1, laquelle, dans un reportage diffusé pendant les Fêtes, n’a rien trouvé de mieux que de remettre une couche sur la tartine déjà bien chargée des préjugés. À un point tel que le ministre du Tourisme québécois est monté au créneau, alors que la Toile s’est emballée devant cette énième vision déformée de la Belle Province. 

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Accoutrement non nécessaire pour se faire des amis québécois.

Dans le reportage tant décrié, on apprenait par exemple que l’hiver durait huit mois au Québec. Huit mois ! Autant dire que les indigènes, comme les expatriés, ont bien rigolé (jaune parfois). Ceci dit, l’hiver a tendance à jouer les prolongations passé le mois de mars, mais à des températures bien plus « agréables » qu’en janvier ou février. Il a du mal à partir (faut le comprendre, il est un peu chez lui ici), mais il finit par disparaître pour laisser place à d’autres saisons. Car figurez-vous qu’au Québec aussi, il y en a quatre ! Je devrais dire trois et demi, car le printemps passe en coup de vent. Il tente de se frayer un chemin dans un paysage à mi-chemin entre la neige et la flotte. En fait, il fait de la figuration, il met la table pour l’été, avec ses épisodes de canicule (je parle pour Montréal) qui nous feraient presque regretter la neige (en tout cas, on en glisserait bien un peu dans notre lit humide et lourd). Quand aux températures, que certains commentaires associent au Pôle Nord, laissez-moi vous dire que le Québec s’adoucit lui aussi sous l’effet du réchauffement climatique. Exit les rudes hivers des anciens ! Pas toujours facile, il est vrai, à accorder du crédit à ce constat quand la météo annonce un – 20, donc un – 30 avec ce putain de vent qui majore l’addition. Dans l’ensemble, l’hiver est supportable, d’où une petite déception légitime chez le nouvel arrivant bardé de rumeurs sur sa terre d’accueil. Une désillusion que l’on pourrait résumer en deux mots : c’est tout ?

Autre cliché incrusté dans la carte postale : le chien de traîneau (avec sa variante, la motoneige). C’est vrai que c’est folklorique, un chien de traîneau. Le touriste français raffole de ce moyen de locomotion pittoresque, comme il raffole de ces indiens dont on lui a tant parlé, et qu’il guette du coin de l’œil. Le problème, c’est que depuis le 17e siècle, et plus précisément 1608, quand un dénommé Samuel de Champlain établit une colonie dans ce qui est aujourd’hui la capitale, Québec, la province a bien changé. Elle a même évolué. La modernité aidant, elle s’est dit que les virées en famille serait plus confortables en voiture, bien plus pratiques pour faire un créneau, et d’un intérêt non négligeable pour y entreposer ses courses… Même à Montréal en hiver, on rallie la métropole, de l’aéroport, à bord de véhicules plus contemporains, et en empruntant une autoroute. Oui, on trouve aussi des routes au Québec, que les autorités compétentes ont apprises à déneiger, en usant d’un matériel ad hoc très performant. Tout ça pour dire que le chien de traîneau doit être considéré avec parcimonie !

Et la chemise à carreaux ? Celle-là aussi, elle me tape sur les nerfs ! Mais si, vous savez, cette chemise rouge et noire que les Québécois sont censés porter à longueur d’année, celle qui vous donne un petit côté bûcheron. Malgré son esthétisme sommaire, ce serait un must ! Là encore, vous serez surpris de constater que nos amis d’outre Atlantique l’ont délaissée pour des vêtements plus tendance, en tout cas plus actuels… Bon, c’est pas la France ou l’Italie – faut pas exagérer quand même ! – mais on peut se vêtir de bien des façons, et arborer des chemises sans maudits carreaux noirs sur fond rouge. Le seul rouge qui vaut vraiment le coup d’être cité au Québec est celui qui compose la tenue des Canadiens de Montréal. Mais là, on ne parle plus de mythe, mais de légende ! 

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Précision utile : toute cette neige est le résultat d’une accumulation; elle n’est pas tombée en une seule journée !

 

 

 

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