Otage et désespoir

J’ai parlé à mes sandales aujourd’hui. Il fallait que je le fasse, je les ai entendues sangloter ce matin.

Avant d’aller plus loin, je précise avoir toute ma tête…

Faut les comprendre, elles trouvent le temps long. Je leur ai dit de patienter, que la météo finirait pas basculer en notre faveur. Je leur ai promis que le printemps serait bientôt de retour. Enfin le vrai, avec des bourgeons sur les arbres et sous les chemisiers des filles, du soleil plein les sourires et des terrasses inondées du brouhaha revigorant des beaux jours…

Mais aujourd’hui, jeudi 27 mars, nous sommes toujours sans nouvelle de cette saison tiède. Aucune boîte noire pour la localiser, aucune rançon possible pour la faire libérer. Nous sommes les otages d’un hiver qui se goberge dans nos têtes et refroidit nos plus belles ardeurs.

Officiellement, c’est le printemps depuis le 21 mars. Sauf qu’au moment où j’écris ces lignes, il tombe des flocons sur Montréal. Ils ont beau avoir la rigueur d’un baroud d’honneur, leur présence dans mon champ de vision me fait l’effet de la goutte de trop, ou du glaçon devrais-je dire, comme beaucoup de Québécois j’imagine… Avouons que c’est pas vraiment un temps à inspirer des phrases primesautières.

Le mois de mars 2014 aura été assez froid, merci bien. Plus froid que ses prédécesseurs récents, sans l’ombre d’un doute. D’où une envie de pleurer en rêvant à un soleil viril, synonyme de trottoirs où défileront tant de jolies créatures. Faut avouer qu’une femme avec un manteau North Face sur les épaules et des bottes de camionneur aux pieds, ça facilite pas la libido des pupilles.

Je dois me rendre à l’évidence : la tendance est encore au négatif. J’avoue ne plus supporter la chaleur artificielle de mes radiateurs, comme je ne supporte plus de voir mes gros manteaux suspendus dans mon couloir. Je ne rêve que d’une chose : les remettre au cachot, dans ces malles métalliques où ils croupiront quelque temps, avec d’autres vêtements de la même espèce. À la longue, j’ai l’impression qu’ils me narguent, qu’ils chuchotent dans mon dos, qu’ils ricanent quand je saisis une écharpe. Les salauds…

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Catégories :Souriez !

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