Hockey : une trop longue attente…

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(Alors que le Canadien de Montréal est toujours engagé dans les séries éliminatoires, s’apprêtant à affronter les Bruins de Boston, la ville et les partisans de cette équipe mythique retiennent leur souffle. Voici une chronique issue de mon premier livre – Dans mon Québec au Canada – qui revient sur une très (trop) longue attente…)

« Souvenirs d’outre-tombe à Montréal. Les beaux jours du hockey ont été enterrés en 1993, quand l’équipe phare de la métropole soulevait sa dernière coupe Stanley. « Ci-gît une légende en quête de son passé », pourrait-on graver en guise d’épitaphe. Chaque année, les fans remuent la terre de leurs souvenirs, histoire d’apporter un peu d’oxygène à leur mémoire délavée. Le temps a asséché la surface du présent, et mis à part une herbe sans illusions, il ne pousse aucun espoir. Même le soleil est en berne au-dessus du Centre Bell. Ses rayons ont du mal à percer la cuirasse de poussière qui a envahi les lieux. Il faut creuser plus profond dans les entrailles du passé pour accéder aux strates encore moelleuses et grasses de la célébrité.

La « ville qui est hockey » est prisonnière de ses statues de bronze lustrées par les lumières de la nuit, qui veillent comme des cerbères sur la cathédrale sportive. L’héritage se dresse, pesant, et la pose est lourde d’insinuations dans cette immobilité inspirant le mouvement. Dans la brume d’un soir d’hiver, cotonneuse comme une issue incertaine, certaines visions décochent des interprétations qui finissent leur course sur le clavier d’un ordinateur. Cette image, c’est le Canadien de Montréal à l’assaut de ses mythes, au pied d’une ascension qui se perd dans le décorum opaque. Le brouillard qui rampe le long des tours de verre, l’incertitude qui ronge l’horizon. Triste destin réservé souvent aux nantis du sport, pourris gâtés par leurs dieux.

Il ne reste alors que des illustres champions pour provoquer la modernité livide de leurs contemporains, et éveiller un je-ne-sais-quoi de fierté en se dressant comme des trophées. Des soldats de plomb à la nostalgie magnétique et qui ont les patins recouverts de soupirs. »

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