Le cœur à la dérive

2320757959_1_3Je suis assis dans mon lit à 0h40, un vendredi soir, l’ordinateur sur les cuisses, à me demander ce que je pourrais écrire pour ce blogue qui m’a tant donné, mais aussi tant pris. Je suis vidé. Il y a des soirs comme des vies, incertains et flous, de la brume aux quatre coins de la page blanche. Il y a des jours où l’espoir a besoin d’un forceps pour vous irradier la couenne, où les points d’interrogation se dandinent devant chacune de vos pensées, le coeur en charpie d’avoir trop combattu, l’armure mal en point et un genou déjà à terre. J’aimerais pondre quelques lignes, mais je dois me contenter de contractions qui ne donnent rien. Mon inspiration a peut-être besoin d’une césarienne… Les mots dans la douleur ne sont jamais beau à regarder. 

Dans ce petit cocon qui est le mien, où des amis et anonymes viennent parfois me rendre visite, je n’ai jamais rien caché. J’ai joué la transparence, osé la sincérité, ouvert mon coeur et mes doutes, catapulté mes colères, dévalé les pentes du plaisir sur des luges pleines l’humour… L’écriturien, c’était un joli nom. Avec les mots, j’avais un bon coup de fourchette. Il m’arrive de douter, de me dire que le temps est peut-être venu de tourner la page, de passer à autre chose, de me reposer. À cet instant où mes paupières ont pris un peu de graisse à la table du sommeil, je zizague entre les pointillés.

Le bonheur, dites-moi, c’est où ? On m’avait indiqué un raccourci pour y accéder, mais j’ai dû me perdre en chemin… On pense le tenir entre les mains, et puis il repart comme il était arrivé. Il y a un plus d’un mois, je parlais avec mes mots à moi d’une histoire d’amour que je trépignais d’ensemencer avec de la tendresse et pas mal de sincérité. Bref, de toutes ces belles conneries, tous ces trompe-l’oeil qui piègent encore les naïfs dont je fais partie. J’ajouterai idéaliste, tiens…  On m’a aimé ou fait semblant de m’aimer avant de m’expliquer que tout s’était soudain volatilisé, sans vraiment m’expliquer pourquoi, ni n’avoir rien à me reprocher. Vous parlez d’un fin ! L’espoir ? J’en avais, comme tout le monde, j’en débordais même… On vient de me vider les poches du peu d’amour qu’il me restait.

Je crois que je m’étais rarement senti  aussi inutile dans une relation. Une ombre, à défaut d »être un partenaire. Le 30 mai, j’ai le cœur qui saigne, moi, l’hémophile des sentiments. Si j’ai vu arriver cette fin abrupte ? Si je méritais qu’on troque mon palpitant contre un vulgaire paillasson ? Je ne le crois pas.

J’ai été un chéri l’espace d’une illusion, et je suis devenu par la force des choses un amoureux sans illusion. Je crois que je préfère ma tour d’Ivoire à toutes ces foutaises qu’on lit dans un grand livre rose. Pardon pour cette amertume puant la tristesse, ou l’inverse, mais je crois que mes maux seront un peu les vôtres. À vrai dire, je m’en fous… Si l’amour est une mer agitée, je crois que j’ai vécu mon lot de tempêtes et de naufrages. Et je ne connais rien de pire que d’être jeté à la mer quand le soleil – du moins sur votre embarcation – était au firmament.

J’en profite pour mettre ce blogue entre parenthèses sine die. Un peu de repos ne fera pas de mal à cette inspiration qui est ce soir un peu dans le même état que le centre névralgique de mes émotions : fatiguée.

Je crois que c’est dans ces moments-là que je ressens une vraie distance avec la France, un réel éloignement. Mes amis, ma famille, tout me manque. Vais-je avoir assez de force pour atteindre l’Europe avec ma bouée de sauvetage ? La route du bonheur est peut-être dans le sens inverse finalement…

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2 replies »

  1. Même ta douleur engendre une poésie fertile, celle qui fait ta force et t’offre de rester debout. Souffrir de ne plus rire à deux, c’est hors norme, mais cela constitue aussi notre essence.
    C’est beau un homme qui pleure, mais l’amour t’attrapera sans que tu t’y attendes.
    Je suis rassuré de te voir si solide et créatif alors qu’une voile s’est déchirée.
    Le vent souffle et tu sais que tu peux encore avancer.
    Quant à celui qui semble d’artichaut, il continuera d’être faible et c’est tant mieux.
    On pense tous à toi Oliheart, cours Forest, cours…

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  2. Cher Olivier.
    J’espère que l’été saura t’apporter toute la douceur nécessaire pour guérir ces plaies. Tu demandais où il est ce bonheur…Certains l’ont plus facile que d’autres. Alors on vit ce qu’on a à vivre….le temps est ce qu’il est. Il nous permet de se retrouver quand malheureusement, on se perd, on échoue sur une rive.
    Va prendre l’air un peu et si jamais l’envie te prend, tu viendras me faire un coucou quelque part dans ma tournée d’été !
    Et non, il ne faut surtout pas arrêter d’écrire. (grand sourire)

    lucie
    alias luciole
    suivezluciole.com
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