Le journal d’un convalescent (teaser)

Avant de prendre le chemin de la France – où je vais faire le plein de confiance après un nid-de-poule sentimental – je me suis dit que j’allais peut-être écrire un journal au jour le jour, et qui s’appellerait Journal d’un convalescent (me suis pas foulé). Du moins je vais essayer. J’ai l’impression que l’écriture et moi, on est un peu fâchés ces temps-ci. Même chose avec l’amour (j’ai même pas gardé la facture pour être remboursé !) Je viens de lui tourner le dos. Quand j’étais jeune (et con), je suis resté 4 ans avec une femme que je n’aimais pas (en tout cas je ne ressentais pas le besoin de lui dire), et je me dis que je viens de payer l’addition. La sensation désagréable d’être un bouche-trou, un pis-aller, une aire de repos sur une autoroute très fréquentée… Autant vous dire qu’au jour d’aujourd’hui, il y a deux mots qui sont devenus des parias dans ma bouche, des lépreux, presque une maladie honteuse. Je n’ai même pas envie de les prononcer, ça me donne des hauts-le-cœur.

Donc, au cours d’un voyage que j’imagine réparateur, il y aura forcément des choses à raconter, même si je dois racler les fonds de tiroir pour garder ce journal à jour. Je tacherai de mettre des photos, sauf si c’est pour vous parler d’une gastro un peu envahissante ou d’une orgie avec quelques truies dans une ferme de la Moselle profonde, l’haleine faisandée par une vinasse bon marché. Je ne sais pas où cette promesse va me mener, je la prends comme un défi. Je sais déjà que je vais revoir (il attend mon appel) un ami que je considérais comme un frère, avant que, par ma faute, je fasse tout voler en éclats. Le temps a passé, et comme s’il n’y avait pas de hasard, il a reçu ma main tendue alors que lui aussi traverse une période agitée, ce qu’il a trouvé, m’a-t-il écrit, « marrant et touchant ». Hâte de te revoir mon poto ! J’ai prévu d’enterrer d’autres haches… C’est bizarre quand même cette faculté qu’a le malheur de vous faire comprendre beaucoup de choses, quand votre routine larvée et votre bonheur ronronnant en sont souvent incapables…

Je veux aussi dire merci à tous ces amis formidables. Ma dernière chronique a délié les langues, et beaucoup se sont fendus d’un message de réconfort, même des gens que je connais à peine ou si peu. Ma blessure était un peu la leur, j’imagine, partant du constat que les détresses du cœur ne connaissent aucunes frontières humaines… Elles vivent, s’incrustent et se répandent dans les mouchoirs et les yeux du monde entier.  C’est un patrimoine universel qui rend notre futur si fort. Je savais que la cavalerie allait rappliquer, mais je ne m’attendais pas à une armée. Donc merci pour le soutien, les conseils, etc. On m’a invité entre autres en Bourgogne, à Lyon, en Haute-Savoie (où je serai dans deux jours avec deux sœurs et leur petite famille), en Bretagne (mais là c’est au-dessus de mes forces; ceux qui ont suivi comprendront), et même en Belgique (dans un lit entre deux lesbiennes) et en Italie. Avec un agenda déjà “obahamesque“, et considérant que je vais devoir un peu bosser pour ne pas me retrouver sur la paille ou pas loin, ces invitations vont être difficiles à honorer, mais si je peux faire une exception, je le ferai !

Cette venue soudaine – et je dirais même salutaire – dans le pays de mes racines n’a pas été appréciée par mon compte en banque, mais je me dis que ma famille et mes amis (une autre famille) valent amplement un billet d’avion. Ils me le prouvent chaque jour, dans le creux de mes vagues comme sur le sommet de mes joies, qu’ils dévalent en ma compagnie. Ils savent qu’ils ne sont ni échangeables ni remboursables pour moi. Je les aime, je les respecte, et eux et moi, c’est pour la vie. Je resterai au moins fidèle à l’amitié, à défaut de pouvoir faire confiance à l’amour, qui ne dure souvent que trois ans, ce qui me permet de relativiser, en quelque sorte. N’empêche que j’aurais bien poussé l’expérience plus loin avec cette écorchée, en tout cas un modèle de complexité haut de gamme testé, lu et approuvé, que je ne me lassais jamais de voir ni de toucher, chacune de ses aspérités m’inspirant le frisson, et chacun de ses sourires faisant reculer mon ombre…

Pour elle, j’aurais livré mon honnêteté, mon bien le plus précieux, à la horde des chiens hypocrites…

Je vais pas tarder à reprendre mes bonnes vieilles habitudes, mais une chose est sûre : il va y avoir du changement, à commencer, peut-être, par mon adresse postale… Les échecs ont été inventés pour permettre à l’homme de rebondir, et après une bonne claque dans la gueule vient souvent la caresse… ou une autre claque dans la gueule (eh merde…).

Il me tarde de faire cuire ce steak trop saignant (putain d’analogie !) Mais je dois vous laisser, il y a un avion qui m’attend…

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s