Le journal d’un convalescent (2)

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Jour 1. Paris. Le rush. Grosse bouffée de stress. Plus habitué. Et cette chaleur qui nous a cueillis à la sortie de l’avion. Comme un avant-goût de ce qui nous attend bientôt à Montréal. La canicule. Horreur. La France m’ouvre ses bras avec des airs d’une métropole québécoise un mois de juillet.

Gare du Nord. Ça va vite. Trop. Les gens courent, piétinent les règles élémentaires de la politesse. Bienvenue au pays Olivier. Pour ne pas couper d’emblée le cordon ombilical nord-américain, je me rue dans un Starbuck. « Un café latte s’il vous plaît. » Puis la question, essentielle : « Avez-vous le wi-fi par hasard ? » On me répond que non, la mine désolée. Fais chier…

Dans le RER, je lutte pour ne pas sombrer dans un sommeil profond. J’ai les paupières obèses, je me sens sale, collant, en décalage. Décalage. Le mot est lâché. Il embue ma concentration, me ramollit, me lézarde. 15h40. Autre train. Un TGV cette fois, en partance de la Gare de l’Est. Très confo, propre, comme s’il venait de sortir de l’usine. Je ne suis pourtant qu’en 2e classe. D’après l’écran devant mes yeux de junkie, nous roulons à 305 km/h, voire même 318. Dans une heure vingt, je serai à Metz. Ignorant les consignes qu’un pictogramme sans équivoque rappelle aux usagers (vous savez, ce téléphone portable qui fait semblant de dormir) certains partagent quelques parcelles de leur intimité, à voix haute, tant qu’à faire… Ça parle fort, de tout et de rien. Ça me gonfle. Quelques chanceux ont embarqué in extrémis, le souffle court et la sueur en extase. Je compatis.

17h08, arrivée en gare de Metz. Ma mère et ses cheveux orange (?) m’attend en bas d’un escalier où la foule des voyageurs se disloque. Nous échangeons quelques mots, j’ai encore les pensées confuses et l’estomac de guinguois. Sans doute quelques fragrances de Montréal encore accrochées aux basques. Elle me file les clés de la voiture. À l’intérieur : un four ! Chez mes parents, la douche me fait un bien fou et me redonne une apparence humaine. Je suis présentable… et je sens bon ! Pas trop le temps de cogiter. À 19h30, je suis attendu chez ma soeur pour un barbecue riche en saucisses. Je fais main basse sur les merguez. Louis, bientôt 3 ans, ne me lâche pas d’une semelle. Il embarque son tonton du Québec dans une séance intensive de cache-cache. Ça crie et ça court partout. Il y a aussi Emma, qui m’a sauté au cou à mon arrivée, et qui devient chaque jour un peu plus une femme. Mon Dieu que le temps passe vite ! Avec leurs rires sans rides, ces deux-là me font un bien fou. Pour Louis, le mot chérie ne veut pas dire grand-chose et il apprendra bien assez tôt à composer avec la bipolarité des sentiments amoureux. Aucunes saucisses ni salades n’a finalement regagné le frigidaire.
C’est bizarre de se retrouver dans sa ville natale un soir de juin, sous une lune en pleine reconquête de sa plénitude, moi qui rode d’habitude dans les couloirs des premiers festivals montréalais, à commencer par les FrancoFolies. Pas cette fois, et je dois avouer que la quiétude de ma parenthèse lorraine me convient parfaitement.

Demain, c’est la Haute-Savoie, et j’espère bien aller tutoyer le paradis…

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