Le journal d’un convalescent (4)

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Journée trés chaude aujourd’hui. Trente-quatre degrés au plus fort de la canicule. Tout a commencé par Yvoire, le fameux village médiéval dont on nous avait vanté les charmes. Quand on aime les vieilles pierres, on apprécie d’autant plus sa visite. Le genre d’endroit où je pourrais passer la journée, à la terrasse d’un café ou alangui sur une chaise longue, avec quelques bateaux de plaisance pour me tenir compagnie. Yvoire porte bien son nom. Il faut Yvoire pour le croire… (jeux de mot très fatigué, je l’avoue).

La suite, c’était à Annecy. Avec le soleil et la saison touristique en plein tour de chauffe, autant dire qu’il y avait foule dans la ville ! Un monde fou, le marché dominical amplifiant cette sensation d’étranglement qu’on ressent dans les cités d’or. Mais je ne regrette pas d’avoir vu le vieux Annecy, avec ses rues étroites, ses petits ponts et cette ambiance de carte postale qui rend les excursions pittoresques. Vers 13h, les estomacs criant un peu famine, et les enfants comme les adultes quémandant un petit coin d’ombre pour respirer un peu d’air frais, on s’est finalement décidé à faire escale dans un petit restaurant répondant au nom de La table d’Élise. Inutile de vous dire qu’en Haute-Savoie, on peut manger des plats à base de fromage bien puant et fondant, même sous une chaleur accablante. Moi, j’ai osé la tartiflette, quand la raison, doublée d’une once de logique, m’invitait à tenter une bonne et grosse salade, plus de circonstance il est vrai… J’ai toutefois évité un dessert après un plat aussi calorique. Quand même… Épicurien, mais pas fou !

Que faire pour digérer ? Opter pour une petite croisière d’une heure sur le lac d’Annecy et ses 17 km de long. Une balade que nous avons – enfin les adultes – mis à profit pour faire une petite sieste. Dans mon coin (j’avais fait bande à part en me calant à l’avant du bateau), le décalage horaire a fini par avoir raison du superbe décor qui se dévoilait tout autour de l’eau turquoise, eau sur laquelle une nuée de petites embarcations – dont les inévitables pédalos – donnaient à l’imposant bassin des airs de colonies de vacances. Donc, j’ai piqué du nez, la face en plein cagnard et la tête ballotée entre babord et tribord. Cette dernière a même failli se poser sur l’épaule de ma voisine ridée, une sexagénaire (à vue d’oeil) qui a dû sentir remonter l’excitation de ses vertes années. Mais je m’égare… La croisière terminée, on est allé se rafraîchir dans un commerce de crèmes glacées qui promettait près de 60 parfums différents. N’écoutant que mes yeux, j’ai pris la formule 3 boules, avec des couleurs de chocolat, de litchi et de pistache. Rapidement, mon ventre, que j’avais ignoré un peu rapidement, a confirmé ce que je craignais, en dépit d’une gourmandise notoire pour ce genre de péchés, véniels certes : deux boules auraient suffi ! Un dernier détour chez un marchand de saucissons, pour alimenter l’apéro du soir (avec des mojitos en renfort), et nous étions sur le chemin du retour. Inutile de dire que j’ai encore rejoint les bras de Morphée dans la voiture. Depuis trois jours, je dors par intermittence.

Comment je me sens ? Up and down, avec encore trop de down. Même à 6000 km du Québec, il y a des phrases et des images qui phagocitent mes pensées, et des sensations qui me bouffent. Bref, il y a un manque. Gros, un elle qui faisait beaucoup de bien à mon Il. À bien y regarder, la belle carte postale de Haute-Savoie est un peu écornée.

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