Le journal d’un convalescent (6)

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Mardi 10 juin. Aujourd’hui, j’ai – enfin – réussi à écrire un article, pour le compte du site Camuz, dans le cadre des FrancoFolies de Montréal. J’ai pondu un pavé sur le groupe parisien La Rue Kétanou. Un membre de ce trio, reconnaissable à son ton humoristique et engagé, m’expliquait notamment leur recette du bonheur : garder le sourire et rire tous les jours… Chantres de l’optimisme, les trois chansonniers s’efforcent de combattre la morosité sur scène mais aussi dans la vie. Eux aussi, m’a-t-il dit, ont connu leurs hauts et leurs bas, ont pris des claques sentimentales dans la gueule. « On a perdu des choses et on en a gagné d’autres… » Inutile de vous dire que je me suis senti en totale symbiose avec cette confession !

Mon mardi a connu un bel épilogue. J’ai passé la soirée (et la nuit) chez mon ami d’enfance et sa femme, dans un endroit battu par les vents de la quiétude. J’ai d’abord été esclave le temps de quelques courses, où mon rôle a consisté à porter un sac rempli jusqu’à la gueule de provisions. La femme de mon pote s’est un peu moquée de moi, disons… « Faut bien qu’il serve à quelque chose », a-t-elle lancé à la caissière.

Avec le soleil qui cogne ces temps-ci, le menu était tout trouvé : barbecue. Un de plus. Avec saucisses, salades, et tout le tralala. L’apéro a été salé et riche en graisse, sans oublier quelques bulles. Du champagne. Une des belles-sœurs de mon ami possède un vignoble avec son mari dans la région de Reims. Ça aide. Je crois qu’on a “sifflé“ deux ou trois bouteilles… Il fallait au moins ça, d’autant qu’une de leurs amies, habitant à 10 mètres de là, est venue se greffer à notre petit groupe avec ses deux enfants.

L’une d’elle est atteinte d’une maladie orpheline. C’était la première fois que je la voyais, et dans ces moments-là, on se dit toujours que la vie est injuste. J’ai un peu parlé avec sa mère de cette maladie qui la vidait de toute énergie et dont j’ai oublié le nom tellement il est compliqué. Et puis il y a aussi les crises d’épilepsie, qui peuvent atteindre des sommets en terme de quantité. Ça a commencé quand elle était bébé, et depuis les parents ont dû apprendre à gérer et à vivre avec ces situations toujours impressionnantes la première fois qu’on en est le témoin. Sacha est étrangement absente, communique très peu et passe ses journées dans un institut spécialisé. Sa mère m’a aussi confié qu’on ne connaissait pas l’espérance de vie des personnes atteintes de cette maladie. Cette incertitude pesante lui a appris à vivre chaque instant à ses côtés comme si c’était le dernier. Les quelques moments passés à observer Sacha m’ont ramené à Lourdes et mes années de bénévolat en tant que brancardier auprès de personnes malades ou handicapées. Quand on revient de la cité mariale, on relativise, on met ses petits pépins de côté, on se dit que la vie nous a fait un beau cadeau en nous léguant la santé.

Mardi, dans ce village où le Québec ne voulait plus rien dire, une petite fille frappée par un cruel destin a mis du baume sur ma cicatrice encore apparente. Je n’ai jamais cru au hasard, et je pense que cette rencontre imprévue avait un rôle à jouer ou un message à faire passer. Il y a plus malheureux et plus malchanceux que moi. On a beau le savoir déjà, on a toujours besoin d’une piqûre de rappel…

Pour finir sur une note plus légère, on a fini la soirée les uns dans les autres, avec le renfort de quelques concombres et posté une vidéo sur le site YouPorn… Mais non je déconne… En revanche, on a fait sa fête à un gros pot de glace au chocolat que nous avons recouvert généreusement de chantilly. Il y en avait partout, jusque sur la surface en bois de leur terrasse et même un de mes avants-bras, la femme de mon pote étant plutôt d’humeur taquine. On avait aussi pensé à en étaler sur les seins de nos complices féminines, mais on s’est dit que ce serait du gâchis…

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