Le journal d’un convalescent (10)

20140615-003202.jpg

Samedi 14 juin. Aujourd’hui, j’ai écrit un papier. Un papier sur Kery James… L’entrevue doit passer dimanche sur le site de Camuz (www.camuz.ca), où je vous invite aussi à découvrir ce que j’ai tricoté sur Zaz, qui est aussi le surnom d’un copain, sauf que lui ne chante pas, à mon grand soulagement. J’ai pris mon temps, même si, à force de procrastiner (un vilain défaut ces temps-ci), il devenait urgent de livrer la marchandise. Je pense avoir été assez inspiré. Si j’étais le fils d’un dictateur, je me donnerais la note maximale.

Le rappeur d’Orly, né en Guadeloupe, à qui l’on doit notamment la chanson “Banlieusards“, ne m’a d’ailleurs pas quitté de l’après-midi. Car après avoir pondu un article sur lui, il m’a accompagné pendant une course à pied, la 3e de la semaine. Une heure d’effort maîtrisé et à belle cadence (j’avais deux TGV dans les jambes) sur mon parcours habituel, avec toujours les mêmes groupies aux yeux globuleux qui ont croassé mon nom, alors que je fendais les herbes hautes, les quadriceps saillants et des pulsations cardiaques respectant la limitation de vitesse sur les autoroutes, autrement dit 130 en moyenne, si je me fie à mon Polar, également appelé moniteur de fréquence cardiaque pour les non initiés. J’ai aussi brûlé près de 800 calories, que j’ai dû reprendre deux heures plus tard.

Car vers 19h, des amis ont débarqué. Rassurez-vous, c’était prévu. Pour ne pas changer, on a opté pour un barbecue, accompagné de salades de betteraves, de tomates, de pommes de terres et de lentilles. On a pris place dans la véranda de mes parents, avec ses petits airs de Provence. En guise d’apéro, on a englouti des toasts à la terrine de campagne et au potiron, préparés par moi-même, d’où l’étonnement des convives, lesquels attribuèrent la brusque chute des températures à cet exploit. On a aussi asséché une bouteille de champ’, tandis que deux amis ont préféré liquider un Picon bière. Pour ma part, j’ai fait connaisance avec la voiture de ma frangine, une Mini Cooper cabriolet rutilante, un tantinet salope sur les bords, avec intérieur cuir, rétroviseurs extérieurs électroniques, ordinateur de bord… et même un volant suceur si le conducteur est un homme. Bref, le genre de caisse qu’on attribue souvent aux pétasses, aux blondes (même fausses) ou à des femmes très classes et ambitieuses, et qui vous perforent le cœur avec des talons hauts. Après, quand votre propre sœur déboule avec ce genre de véhicule, vous tirez un trait sur tout ça, vous l’enviez, et vous vous imaginez roulant à tombeau ouvert vers une destination inconnue, avec une belle nana sur le siège passager, une nana muette, tant qu’à faire, car, perso, lorsque je roule, faut pas trop me causer. Vous vous faites même prendre en photo au volant de ce bolide racé, histoire d’épater la galerie, et d’oublier, le temps d’un ou deux clichés, qu’à votre retour à Montréal, vous enfourcherez votre vélo bon marché, les cheveux au vent, et accessoirement un ou deux moustiques suicidaires aplatis sur les dents.

Excepté une flûte de champagne, j’ai fait dans la sobriété ce soir. Il faut dire, à ma décharge, que la veille avait été très arrosée, d’où des écarts de langage indignes de ma légendaire élégance, laquelle sert de paravent à une perversité sexuelle incurable. Et dire que chaque soir, alors que je pourrais m’occuper autrement, je m’efforce de respecter le contrat que je me suis fixé en vous racontant mes journées. Faut croire que ça intéresse les gens, un homme convalescent, vu les statistiques plutôt élogieuses. Une amie m’a confié que c’était un peu comme une série TV, qu’elle attendait impatiemment la suite. Sur le moment, j’ai cru que j’étais devenu célèbre, mais je suis vite revenu sur terre. Il faut dire qu’il y a foot ce soir, à minuit, décalage horaire avec le Brésil oblige. L’Italie contre l’Angleterre. Je n’aime aucune de ces équipes, je sens que je vais me régaler !

Demain, je pars crapahuter à vélo. Je serai devant mon poste de télévision à 21h pour encourager l’équipe de France face au Honduras. En compagnie de quelques pizzas et de bières. What else ?

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s