Le journal d’un convalescent (12)

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« T’as vachement maigri. » Pour la deuxième fois en deux jours, on m’a fait cette remarque. Me suis pas pesé, mais c’est vrai que devant la glace, je dois avouer que j’ai un peu fondu. Je dirais 78 kg à vue d’oeil pour 1,76 m. On appelle ça un athlète ! 🙂 Avec tout le sport que j’impose à mon corps ces temps-ci, je n’en suis guère étonné. Une machine. Au contact de la nature si proche, j’ai l’impression de revivre. Ce constat anodin ne sera pas sans conséquence. La ville et moi, ça ne pourra pas durer éternellement. C’est vrai que je suis affûté. L’appétit est revenu, mais je dois avoir un besoin fou de me dépenser. Quel que soit le prétexte, mon organisme transpire. Je sue comme je respire.

Depuis que je suis arrivé, j’ai l’impression d’être poursuivi par les barbecues. Il faut dire que la saison et la météo radieuse s’y prêtent bien. Encore ce soir, je reviens d’une séance de grillades chez les parents d’une amie, lesquels étaient impatients de me revoir, après presque trois ans sans nouvelles. Leur patronyme ne laisse pas de place au doute. Le patriarche a des racines italiennes. Yves, c’est son prénom, ne connaît pas le mot retraite. Mais Yves, c’est surtout une faconde qu’on n’oublie pas, qui ne prend pas de gants, comme sa fille parfois. Et un sacré caractère, des sursauts de colère épiques, mais un bon fond qui contredit les apparences. Bourru mais pas méchant, viril mais correct si vous préférez… Et terriblement drôle lorsque ses mots deviennent grossiers, ou lorsque, par exemple, il apostrophe un maire avec quelques vocables fleuris. J’aurai toujours de la tendresse pour ce genre de personnage.

La mère, qui est toujours aux petits soins avec moi, avait préparé un festin, dont des saucisses blanches fourrées au fromage, des salades… et des pommes de terre rôties, un de mes plats préférés. Ce devait être la journée pommes de terre rôties puisque ma mère avait eu la même idée à midi. Pour faire plaisir à la patronne, et aussi assouvir ma gourmandise, j’ai repris de tout deux fois. Et puis est arrivé le dessert. Un gros saladier de cerises bien portantes et diabétiques, enfin je veux dire sucrées. Et comme si cela ne suffisait pas, la maîtresse de maison est arrivée avec un délicieux gâteaux à la mousse au chocolat. Une tentation avec de gros nichons, genre quand tu les as vus tu veux y goûter ! Le type de dessert pour lequel tu tuerais père et mère, voire tu changerais de sexe… Il m’a fallu trois coups de cuillères pour faire disparaître ma portion, et quelques passages appuyés d’auriculaire pour nettoyer mon assiette des dernières traces de ce succulent péché. Deux cafés et une photo de moi plus tard (parce que je m’aimeuh, voir ci-dessus), je reprenais le volant d’une voiture borgne le soir. Une voiture qu’un ami m’a prêté.

Demain, boulot. Et puis un rendez-vous le matin avec un ami. Un rendez-vous qui pourrait avoir une incidence sur mon avenir proche. Mais ceci est une autre histoire…

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