Le journal d’un convalescent (18)

Après l'effort, le réconfort !

Après l’effort, le réconfort !

Dimanche 22 juin. Je me réveille en Belgique. Je n’ai pas rêvé : j’ai bien passé la nuit dans une maison de poupées lesbiennes. Je me tâte l’entre-jambes. C’est bon, tout est en place. J’ai rêvé que ma queue finissait sur le barbecue et mes testicules dans le bocal à olives. Je quitte mon lit, péniblement. A ma droite, une masse. Magalie. Partie pour dormir la journée. On l’a connaît, notre Mag’. Couchée tard, levée encore plus tard. C’est sa devise. Elle la respecte à la lettre. Moi, je décide de respecter son sommeil. Je lui passe par-dessus (le « par » est très important), enfile mes sandales et rejoins la lumière du jour. Une douche et me voilà un autre homme. Quelques mètres plus bas, dans le salon, la vie a repris ses droits. Fred, Sophe et les enfants sont devant la télé. En pyjama et décontractées du téton. On va pas se mentir : une fille au réveil, ça inspire pas des rimes poétiques, disons… C’est le moment de la journée où je remercie Dieu d’être seul. Ah, j’entends au loin le brouhaha de la contestation, la vindicte féminine, parée pour mon émasculation. Rassurez-vous, mesdames, j’exagère un tantinet, je grossis le trait, anticipant ce vent de protestation qui me fait l’effet d’une caresse bucale.

Instant de bravoure. Sophie sauvée des eaux !

Instant de bravoure. Sophie sauvée des eaux !

On a pris un gros brunch. Brunch, c’est le mot qui est sorti de la bouche de Sophie. Frédérique, en bonne compagne solidaire, toujours prête à balancer une peau de banane, lui a fait remarquer qu’un brunch à 9h du mat’, c’était une prouesse, pour ne pas dire une invention. Mais avant d’attaquer les choses sérieuses, il a fallu réveiller (ou réanimer) Magalie. Ma première tentative fut un échec cuisant. Faut dire que pour la secouer, je m’étais contenté de hausser la voix. En guise de réponse, elle avait « marmeladé » un truc que mes oreilles n’ont pas réussi à déchiffrer. Mais elle était en vie, c’était déjà ça… Plus tard, je suis revenu à l’abordage, armé d’intentions plus convaincantes. Je lui ai dit que George Clooney was inside. « Inside qui ? », qu’elle a répondu. J’ai fini par la convaincre. Entre-temps, Fred est allée chercher des pistolets (des petits pains ronds). J’en ai profité pour aller faire une petite marche, histoire de découvrir le village, croisant sur mon chemin un peloton de cyclistes faisant un concours de grimaces dans cette côte raide que je descendais les mains dans les poches… Je savourais intérieurement. Après avoir échangé mon numéro de téléphone avec une vache dépressive, j’étais de retour.

On s’est gavé comme des oies. Une fois repus, on s’est préparé pour aller se dégourdir les jambes. La petite Lilou a explosé les siennes sur le béton de la terrasse, après une chute douloureuse. Dans ces cas-là, quand on a 4 ans en plus, on pleure. Beaucoup. On crie aussi. Du coup, maman accourt, les autres aussi. J’ai bien noté la technique, sait-on jamais… Je doute qu’en me vautrant dans la rue à Montréal, un troupeau de filles déboule pour me secourir, me couvrir de baisers et me demander si tout va bien. Ce petit incident a un peu retardé notre départ. Choqué, et les genoux encore tremblotants de douleur, notre grande blessée a mis du temps à se remettre en marche.

On s’est évadé une petite heure, dont une partie en forêt. Il nous fallait bien ça pour digérer et nous aérer les neurones. J’en ai profité pour faire quelques photos, histoire d’immortaliser cette sortie très appréciée, durant laquelle nous avons sauvé Sophie de la noyade – elle était prisonnière d’un ruisseau déchaîné, alors que la montée des eaux, proche des 4 cm au plus fort de la crue, devenait problématique -, et tenté de mettre la main sur un trèfle à 4 feuilles. Nous avons achevé notre petit périple aux abords d’un lac où de nombreux pêcheurs s’étaient donnés rendez-vous. On a posé nos fesses à la terrasse d’un café-restaurant, histoire de rafraîchir nos gosiers avec quelques boissons. De retour à la maison, on a mangé un peu. Vers 16h, l’heure était venue de repartir, un peu à reculons, certes…

J’ai toujours aimé les Belges et la Belgique (vive la fête du pecket à Liège !), et ce court séjour ne me fera évidemment pas changer d’avis. Sauf si ces derniers battaient la France lors de l’actuelle Coupe du monde de football. Faut pas pousser quand même ! 🙂

Outre des Belges, on croise de drôles d'animaux dans le plat pays de Brel.

Outre des Belges, on croise de drôles d’animaux dans le plat pays de Brel.

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