Le journal d’un convalescent (24 – 1)

 

Un bisou et ça repart !

Un bisou et ça repart !

Exceptionnellement, je vais scinder mon samedi 28 juin en deux. Je veux garder le meilleur pour la fin (à lire demain).

Tout était parfaitement goupillé aujourd’hui, comme si mes trois rendez-vous s’étaient passés le mot… D’abord Bruno, un ancien colllègue photographe, à l’époque où je travaillais comme journaliste au Républicain Lorrain. Depuis, nos chemins ont connu des destinées différentes, ayant tous deux fini par quitter cette entreprise, mais nous sommes restés amis. Je le vois moins que je le voudrais, et ça devait faire pas loin de deux ans que je n’avais pas repris contact avec lui. Et comme c’est l’occasion qui fait le larron, j’ai profité de mon passage par Sarrebourg pour l’intercaler dans mon agenda de président, les sondages catastrophiques en moins. Nous ne nous sommes vus qu’une petite demi-heure, mais c’était mieux que rien. L’occasion de prendre quelques nouvelles. Bruno appartient à cette catégorie de personnes qui ne sont pas faciles d’approche, entières, un peu bourrues, intmidantes aussi… Mais quand on gratte un peu, quand on ne prête pas le flanc aux apparences, on découvre quelqu’un d’autre, quelqu’un d’intéressant, avec des valeurs qui sont un peu les vôtres. Alors forcément, cet autre un peu froid et distant au premier abord finit par devenir un ami… Un ami que je respecte, malgré la distance et les chemins décroisés. Trente minutes de discussions, même un peu grises, c’est toujours ça de pris. Le plaisir n’est pas une question de durée.

photo4Autre plaisir, celui que j’ai vécu dans un petit café cosy où j’aime parfois m’arrêter. J’y ai posé mes fesses vers 14h, ai commandé un petit café crème et me suis mis à écrire ma chronique du jour. Jusqu’à ces notes d’accordéon qui ont éveillé mon attention. J’ai toujours aimé cet instrument. Celui que j’avais devant les yeux était une antiquité. J’ai appris par son propriétaire que son année de fabrication datait de 1905. J’ai vite sympathisé avec lui et son frère, autre joueur d’accordéon, ainsi qu’avec la serveuse, visiblement elle aussi de la famille. Nous n’étions alors que trois dans ce café aux allures d’appartement, dans lequel un clan que je ne connaissais pas me faisait toutes sortes de confidences en lien avec sa passion pour la musique. Les deux frangins, affublés d’un fort accent rappelant l’Alsace, m’ont notamment expliqué que ce doyen à vent ne se laissait pas facilement apprivoiser ! Le plus doué d’entre eux était même incapable d’en jouer. L’autre n’avait pas lâché prise et commençait à toucher les dividendes de son abnégation. Quand il a commencé à jouer quelques airs, il pleuvait dehors, mais ce simple aparté avait valeur d’anti-cyclone dans notre ciel plombé. J’ai vite délaissé mon Ipad pour savourer l’instant présent, et j’aurais voulu que ce moment ne s’arrête jamais. Je reste un contemplatif, je continue à m’émerveiller de broutilles, et je plains ceux qui en sont incapables, souvent parce qu’ils courent là où la vie les invite à marcher. On rêve souvent de contrées lointaines dépaysantes en oubliant trop souvent que le bonheur est tout près, prêt à éclore à la moindre occasion. Sous l’apparence d’un joueur d’accordéon par exemple…

photo3Le bonheur des yeux a suivi celui des oreilles. J’étais gâté. Car quelques minutes plus tard apparaissait Nathalie. Ayant eu vent sur Facebook que je débarquais dans sa région, cette dernière m’avait tendu une perche, me rappelant qu’elle adorait toujours le café. J’avais saisi cette invitation masquée sans hésiter et fini par lui proposer de me rejoindre dans ce lieu qui respirait la simplicité. Quand elle est arrivée, je n’ai vu que ses yeux. C’est toujours ainsi avec elle. Il faut aller à la lettre M dans le dictonnaire pour révéler ce que l’on ressent au moment précis où ils se plongent dans les vôtres. Ils sont magnifiques. Un bleu d’Islande, limpide et transperçant, comme si la dame avait injecté de l’aquarelle dans ses pupilles, dilatant celles des autres avec son regard revolver… Le problème, c’est que le reste de Nathalie est à l’unisson de ces perles qui clignotent sur un visage lumineux. Et comme la dame a tendance à décocher des sourires ravageurs, on a du mal à rester insensible, à mois d’être homo ou myope ascendant non voyant. Tout ça pour dire que c’est une belle femme, et elle le sait. Une femme qui ne sonne pas creux, qui a son caractère et une certaine vision des rapports amoureux. Disons qu’elle est réaliste, au risque parfois de trop anticiper ce moment où la passion s’estompe, quand le temps se mue en charognard, ne laissant que la carcasse d’un amour autrefois bien portant. Bref, comme avec tant d’autres personnes, nos échanges ont été instructifs, sans détours, et ils révélaient je crois la nature profonde de l’homme, avec ses idéaux et ses failles, ses étreintes et ses indifférences… Et cette complexité qui fait de nous des victimes ou des bourreaux.

On a repris des cafés. Avant de nous quitter, la maman devant récupérer sa fille, on a posé pour quelques photos qui auraient pu me valoir un paquet de fric si Nath avait joué davantage la femme fatale, ou létale, puisque le charme est un poison… J’ai autant apprécié ces quelques clichés que sa compagnie. En découvrant ces photos, une personne m’a dit que j’étais toujours bien entouré. Je ne vais pas dire le contraire.

Moins d’une heure après ces retrouvailles vivifiantes, je vivais MA séquence émotion de mon séjour réparateur français. Mais ceci est une autre histoire…

Ce fut court mais bon. Merci Nath !

Ce fut court mais bon. Merci Nath !

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