Le journal d’un convalescent (26)

J'ai croisé Gainsbourg en allant aux toilettes chez mon amie Régine. Pas étonnant quand on sait qu'elle est fan de la famille entière, à commencer par Charlotte...

J’ai croisé Gainsbourg en allant aux toilettes chez mon amie Régine. Pas étonnant quand on sait qu’elle est fan de la famille entière, à commencer par Charlotte…

Lundi 30 juin : ça sent le grand départ. Mais avant, je dois voir ma grande amie Régine. Elle m’attend à Schifflange, au Luxembourg, où elle rocoule avec son mari Gino et leurs deux enfants, Fédor (bientôt 3 ans) et Mitia, le petit dernier. Oui, vous avez bien lu : Fédor et Mitia. Ces deux prénoms d’origine russe ont fait et font encore jaser parmi leurs proches, certains ne comprenant toujours pas quelle mouche les a piqués d’aller faire leurs emplettes chez les Russekovs, au détriment du Made in France. Pour la petite histoire, Mitia est le diminutif de Dimitri.

Je suis arrivé un peu avant 18h, alors que l’équipe de France de football s’apprêtait à affronter le Nigéria dans le cadre de la Coupe du monde au Brésil. Un 8e de finale, je n’allais pas manquer ça, surtout en compagnie d’un Italien qui n’avait plus que les Bleus pour se consoler, son équipe fétiche étant sortie piteusement de la compétition, s’inclinant lors de son dernier match face à l’Uruguay et son pitbull Suarez… Gino a toujours la classe, et un dressing qui confirme ses racines transalpines. Pour avoir dormi dans cette pièce, je peux vous dire qu’il ne manque pas de vêtements. J’ai même tenté de les compter, pour remplacer les moutons. Au 30e pantalon, je me suis endormi. Parangon de l’élégance à l’italienne, Gino sait aussi recevoir. D’abord un sourire sincère et chaleureux en guise d’apéro, et ce putain d’accent qui embellit son français impeccable et fait fondre tant de femmes. Paraît que l’accent anglais des Français produit le même effet. J’y pense parfois pour atténuer ma sensation de ridicule… 🙂 Gino sait aussi cuisiner. Pour ma venue, il a mitonné un risotto 3 étoiles, « à la milanaise » m’a-t-il dit, avec  du safran et de l’oignon. C’était si bon que j’aurai pu en bouffer sur le cul d’un Breton fécondé à la bière (pléonasme). C’est dire si j’étais sous le charme ! Quand il est revenu avec du rab, mes yeux ont doublé de volume. Mister Gourmand a fait Oui de la tête. Bref, je me suis ré-ga-lé !

Faut dire que la soirée avait bien commencé, avec la qualification française face au Nigéria, du champagne pour célébrer mon passage au Grand Duché, et un délicieux melon au prosciutto en entrée. Paraît que Gino pourrait en manger tous les jours, dixit Régine. J’ai profité de ma venue pour faire connaissance avec Mitia, qui ne pleure que lorsqu’il a faim, en gros… Il ressemble comme deux gouttes d’eau à son frère aîné, et se met à baver et à souffler très fort par les narines pour vous signifier qu’il vous aime bien. Par chance, les femmes ont évolué dans ce registre, sauf pour les nymphos, qui ont conservé la bave au coin des lèvres (qui a dit lesquelles ? C’est un blogue sérieux, voyons !) Je crois que j’ai la cote avec lui, comme j’ai la cote avec Fédor, qui s’est notamment laissé aller à quelques pets sur mon ventre, et a aussi écorché mon surnom, Pinto devenant Crito (à une lettre, près je changeais de sexe).

Les cerises que j’avais ramenées pour le dessert n’ont pas fait long feu. Mais ce n’était qu’une mise en bouche ! La suite était un cran au-dessus. Une variété de tiramisu concoctée par Régine, que j’ai englouti en quelques coups de cuillère. Ce repas comme l’accueil a été sans fausses notes, leur agréable compagnie renforçant mon sentiment de bien-être. Sur le balcon où nous faisions honneur à Epicure, nous étions drapés de cette quiétude toute luxembourgeoise, loin des concerts de klaxons qui devaient être la norme à quelques kilomètres de là, chez un voisin gaulois requinqué par la magie du sport et du foot en particulier. On a bu un café à l’intérieur, assis sur le canapé du salon, face à la télévision. La nuit était plus fraîche et l’on avait décidé de finir en douceur, alors que l’Allemagne et l’Algérie n’arrivaient pas à se départager. Par principe, on s’est mis à pencher du côté du plus faible sur le papier. Un France-Algérie en quart, c’était du domaine du possible, et cela aurait été une finale avant la lettre en terme de symboles… Sauf que les Teutons, fidèles à leur réputation, ont fini par gagner, en dépit d’une belle résistance des Fennecs.

Quand l’arbitre a scellé la victoire allemande d’un coup de sifflet final, on ne s’est pas fait prier pour aller se coucher. Gino, qui travaillait le lendemain, nous avait un peu devancés. Je suis tout de même allé lui dire au revoir dans sa chambre. Il aurait pu se contenter de me saluer en restant dans son pieu, mais il a tenu à se lever pour me faire la bise et me souffler que j’étais toujours le bienvenu. Classe, jusqu’au bout. Un champion du monde.

Fédor était d'humeur joyeuse et joueuse. Et en plus, il est photogénique, comme papa !

Fédor était d’humeur joyeuse et joueuse. Et en plus, il est photogénique, comme papa !

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