Le journal d’un convalescent (28)

En attendant ma valise à l'aéroport de Montréal. On a connu des endroits plus chaleureux !

En attendant ma valise à l’aéroport de Montréal. On a connu des endroits plus chaleureux !

Mercredi 2 juillet. Levé à 6h15. J’ai l’impression qu’on a mis du plomb dans mes pieds. Serais bien resté quelques jours de plus. Bref, pas envie de rentrer. Je fais l’impasse sur le petit-déjeuner. Trop tôt pour se remplir le ventre. Je le ferai à l’aéroport. Le soleil est au rendez-vous. Durant mon (presque) mois de cure, il ne nous a faussé compagnie qu’à deux reprises. Cool…

Je dois prendre le train dans une gare TGV située en pleine cambrousse, entre Metz et Nancy. Mais avant, je prends le volant. Ma mère se trouve côté passager. C’est elle qui fait la conversation. Il faut dire que quand je conduis, je suis une tombe, un tantinet parcimonieux dans le choix de mes mots. Ma génitrice le sait, elle en a l’habitude, alors elle parle pour deux. Elle est inquiète, je le sens. Se demande si son fils est revenu au sommet de sa forme (pour la gloire, on attendra). Même si je mets un nez de clown et que je fais du hula hoop, je n’arriverai pas à la convaincre que j’ai repris du poil de la bête. À peine 30 minutes, plus tard, nous sommes arrivés à destination. Un peu en avance : 25 minutes. Malgré la répétition, les départs ont toujours un goût particulier. Quand on repart à reculons, ils ont un goût amer…

À l’aéroport, je prends soin de vider ma gourde, les produits liquides étant interdits dans les avions. Je pense donc être sans reproche en arrivant dans la zone de contrôle. Sauf que ma veste attire l’attention des cerbères. Car une des poches dissimule un délicieux smoothie au kiwi, acheté quelques minutes auparavant dans une boulangerie de l’aéroport. Aïe ! Verdict : ou je la bois devant eux, ou elle finit à la poubelle. Par chance, il s’agit d’une petite bouteille. En 3 ou 4 gorgées, elle est vidée de sa substance.

Dans l’avion, rien à signaler. En pénétrant dans l’appareil, je croise toujours les doigts pour deux raisons : pour ne pas mourir et pour tenir compagnie à une charmante dame qui me filerait son numéro de téléphone à l’issue du voyage. C’est ça, comme dans les films. Sauf que je ne suis pas dans un film. Ma camarade de voyage doit avoir au bas mot 60 piges, et pour nos accointances physiques, on peut résumer ça au désert de Gobi. De toute façon, j’avais pas envie de causer. J’ai maté deux films, et accessoirement une des hôtesses aux cheveux blonds et aux lunettes de cochonne… (une femme à lunettes me paraît toujours louche 🙂 ) Dès qu’elle me frôle, je sens son léger parfum, et je l’imagine alors débarrassée de cette hideuse tenue qui est la sienne, les cheveux détachés. Bref, je fantasme. L’effet de l’altitude, sans doute…

Sept heures trente plus tard, le tarmac de l’aéroport Pierre-Elliott-Trudeau est une réalité. Quand je sors de l’avion, je suis tout de suite happé par cette moiteur désagréable typique de Montréal en juillet. On nous a annoncé 27 degrés, mais nul doute qu’avec l’humidité dans l’air, on a franchi la barre des 30. Je pensais, d’après mes calculs, être dans l’autobus vers 15h, ce qui aurait certainement été le cas sans une attente plus longue que d’habitude  au carrousel à bagages. Dès notre arrivée, on nous avait averti que nous devions nous rendre au numéro 8. Soit. Vous savez tous comment ça se passe une fois parvenu à cette étape : on guette l’apparition de sa valise comme celle d’un nouveau-né. Cette valise qui ne représentait rien pour nous au départ, acquiert soudain une stature divine. On en est fier, elle est belle, on connaît ses moindres défauts. Pour les mères : c’est comme attendre son enfant à la sortie de l’école, à ceci près qu’on ne lève pas les bras pour lui faire signe qu’on est là, çar on aurait l’air franchement con. Ma valise n’est jamais apparue. D’où un sentiment de panique. Mais je n’étais pas le seul, ce qui avait pour vertu de me rassurer un peu. Renseignements pris, il y avait eu une erreur dans le numéro du carrousel attribué, mais impossible de savoir vers lequel nous devions nous diriger. J’ai donc opté pour le plus proche. Le 6. De  loin, je l’ai tout de suite reconnue, légèrement bombée sur le dessus. C’est à ce moment qu’une musique s’est enclenchée dans ma tête et que j’ai commencé à marcher vers elle au ralenti. Ça, c’est l’effet soulagement.

Le soir, alors que mon organisme encaissait les contrecoups du décalage horaire, et que j’étais debout depuis 24 heures, je décidai d’aller courir. Oui, courir. Une bonne suée. Une heure, dans un grand parc proche de mon appartement. Il était 20h à ma montre mais 2h du mat’ pour mon corps encore en France. Inutile de dire que je débordais pas d’énergie. C’était plus fort que moi. Depuis un mois, je suis devenu une machine.

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