Le journal d’un convalescent (fin)

the-end

Cette fois, c’est la fin. Mon « journal d’un convalescent » vit ses derniers instants. Il s’apprête à rejoindre le royaume des archives. Il a, à ma grande surprise, entraîner beaucoup de monde dans son sillage, et largement dépassé les frontières de la France où je me trouvais alors. On a entre autres parcouru mes confidences au Canada, aux États-Unis, en Belgique, en Italie et au Luxembourg… L’Écriturien brasse large !

Je sais que certains et certaines (je compte beaucoup de femmes parmi mes lecteurs assidus), particulièrement accros, auraient voulu que cette série de 28 épisodes se poursuive. J’aurais pu l’intituler « le journal d’un mâle heureux ». J’aime cette double connotation. Heureux, je l’ai été. Dans mon pays, entouré de ma famille et de mes proches. À chacune de mes visites, je fais le maximum pour voir tous mes amis, mais c’est peine perdue. Conséquence : je retourne toujours au Québec avec des regrets dans les poches. Il reste toujours sur ma liste des noms que je n’ai pas barrés. Ça signifie que je n’ai pas eu le temps de rencontrer leurs propriétaires, même une petite heure. C’est comme ça, j’y peux rien. C’est chiant de culpabiliser alors que vous faites tout ce qui est en votre pouvoir…

Je ne vais pas citer tous ces gens qui m’ont fait du bien et m’ont tendu une main comme on jette une bouée, mais ils se reconnaîtront en lisant ces lignes. Ma blessure suinte encore un peu, mais elle ne saigne plus abondamment. Avec l’hémorragie du coeur, il n’y a rien d’autre à faire qu’à attendre. On n’en meurt pas, c’est déjà ça… Et puis ça finit par coaguler. Après ça, il n’y a pas de devoir de mémoire qui tienne.

Ma cure française fut intense, avec quelques pics d’émotion et aussi quelques surprises. J’ai relativisé en découvrant des malheurs bien plus grands, ou en étant confronté à des histoires de cœur complexes ou bancales. Dans ce registre, plus rien ne m’étonne. Bref, l’amour est un beau bordel qui ne connaît que les pointillés ! La morale était si belle dans ses habits de religieuse qu’on en avait oublié ses bas résilles de catin.

Durant un mois ou presque, j’ai bu plus que d’habitude et j’ai frôlé l’overdose de barbecue. J’ai pédalé comme un forcené, j’ai sué comme un coupable… J’ai promis d’être une tombe face au poids de certaines confidences. J’ai ri, j’ai pensé, j’ai cogité, j’ai haï, j’ai zoné un peu dans mon futur… Je suis passé par trois pays, j’ai pris de la hauteur sur les bords d’un lac majeur à la frontière suisse. J’ai récolté les conseils de vieux sages, j’ai pris quelques claques, et j’ai regagné une amie… J’ai renoué aussi avec un vieux démon, libéré de ses entraves par ma désillusion.

Mes amis, si chers à mes yeux (ni échangeables ni remboursables) ont hissé mon drapeau en berne et m’ont maintenu la tête hors de l’eau en étant simplement présents. Il s’en est fallu de peu pour que je troque mon coeur contre une pierre, et que je laisse les ronces de la déception envahir le mur décrépi de mon espoir moribond. Je dois à toutes mes rencontres d’un mois de juin celui que je suis redevenu, avec quelques ajustements toutefois. Chat échaudé craint l’eau froide…

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