Allez les vieux !

C'était il y a quatre ans... Mon pote d'enfance et moi-même, comme au bon vieux temps, avec quelques kilos en trop (perdus depuis en ce qui me concerne !), et deux ou trois partisanes bien cornues !

C’était en 2010… Mon pote d’enfance et moi-même, comme au bon vieux temps, avec quelques kilos en trop (perdus depuis en ce qui me concerne !), et deux ou trois partisanes bien cornues !

Juin 2010…

Pas facile de dribbler le temps qui passe. Je renoue avec le football, le temps d’un tournoi de vétérans organisé dans le village de mon adolescence. Plus de dix ans après, je retrouve ce vestiaire où l’arbitre égrenait les noms des joueurs avant chaque match, contrôlant les licences et l’état des crampons en compagnie du capitaine adverse. C’était un rituel, une mise en scène proverbiale.

C’est émouvant et drôle de revoir d’anciens coéquipiers avec des looks de joueurs en fin de carrière, ventre proéminents des retraités du ballon rond, jonglant entre la clope et le verre de bière. Dans le vestiaire de ces retrouvailles, nous piochons nos maillots, comme au bon vieux temps. Comme pour me rappeler mes vertes années, j’extirpe mon ancien numéro, le 11, impair et passes. Le hasard vient de me remettre le poste d’ailier gauche dans les pattes. C’était l’époque où mes jambes pétaradaient comme une mobylette en surrégime. Je pouvais accélérer à ma guise. Soupirs…

Sur la pelouse, c’est une autre histoire. Une histoire de coups de reins douloureux, d’accélérations suffocantes, de chutes lourdes et usantes. Des matchs de vingt minutes, ça paraissait grisant sur le papier, dans nos cordes, et l’on se demandait même si ce n’était pas trop court. Ah, la trépidation aveuglante des bonnes intentions !

Dès le premier coup de sifflet, dès les premiers appels de balle sous un soleil robuste, nos organismes comprennent que vingt minutes, ça peut devenir une éternité. Au fil des rencontres, les remplaçants rechignent à rentrer sur le terrain, préférant le confort du banc de touche au supplice du gazon maudit. Fort heureusement, le poids des années n’entame ni notre bonne humeur, ni la relativité accompagnant ces tournois amicaux. Il y a des âges qui imposent l’humilité et la sagesse. On ne gagne pas un grand prix de Formule 1 avec des voitures diesel.

Pour la dernière rencontre, nous demandons un rabais de cinq minutes à l’arbitre. Nous sommes cuits, en mode sieste depuis la restauration de midi. L’impression de marcher alors que l’on court, les frappes qui font retomber en enfance, et ce corps perclus de douleurs insidieuses qui mettent la table pour les courbatures à venir, sont autant de signes distinctifs du footeux hors d’usage.

Le lendemain de ces rencontres éprouvantes, le corps martyrisé se venge, la machine se grippe. La rouille s’infiltre partout : le dos, les genoux, les hanches. La nuit est écourtée par ces folies d’un autre temps. Au saut du lit, on marche comme un déambulateur, on craint chaque fauteuil trop moelleux, on éradique de son vocabulaire des verbes comme « se baisser », « se plier » ou « s’agenouiller ». Et surtout, on maudit ce jour où l’on a répondu oui à une invitation sportive.

La prochaine fois, je m’inscris à un tournoi de baby-foot. Un terrain plus conforme à mes aptitudes de trentenaire bien mûr. Mais d’abord, je vais aller voir un exorciste, pour ne plus être possédé par le démon du ballon rond.

Le coin de la buvette : c'est à ça qu'on reconnaît les vrais sportifs ! :-)

Le coin de la buvette : c’est à ça qu’on reconnaît les vrais sportifs ! 🙂

 

 

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