À contre-courant…

martinRouler à vélo la nuit. À tombeau ouvert. À contresens, ou en zigzaguant entre les voitures. Se laisser griser par la vitesse, l’inconnu, l’imprévu. Provoquer le danger pour se sentir en vie, l’insouciance accrochée aux pédales. Foncer, toujours. Freiner, de temps en temps. Et puis respirer cette odeur typique des soirs d’été, sentir le souffle léger du vent sur son visage. L’apprécier.

Rouler à Montréal, au pif, à l’instinct, sans lire les panneaux. Suivre la flèche du hasard. Comme la vie parfois. Comme le tracé d’une existence qui se cherche et explose en mille morceaux à un carrefour sans pitié. Mouliner dans l’obscurité, en fuyant les lumières, en se lovant dans les interstices de la pénombre, loin des phares et du scintillement de la ville. Revigoré par les ténèbres. 

Apprécier le silence des rues assoupies, n’entendre que la mélopée de son vélo et quelques rogatons de discussions saisies l’instant d’un passage bref dans les intimités alentours. Capter tous les détails de la vie noctambule, avec ses bars attisés par la foule, ses fulgurances sentimentales et ses cyclistes, qui, comme moi, apprécient loin des projecteurs la quiétude d’un aparté sous la lune. 

Je ne connais pas de meilleur moment que la nuit pour aimer Montréal, une légère bise dans les narines et le parfum enivrant de la liberté. Sans lumières et sans casque, à contre-courant de la norme… Et un sourire, un peu narquois,  pour enrober le tout. 

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Catégories :Tranches québécoises

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